Les effectifs des forces de l'ordre ont-ils diminué ou augmenté depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron ?

Les effectifs des forces de l'ordre ont-ils diminué ou augmenté depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron ?

BRAS DE FER - Une députée socialiste a été accusée de fake news après avoir assuré que les effectifs forces de l'ordre étaient en baisse depuis 2017. Le ministère de l'Intérieur affirme, lui, l'inverse. LCI a épluché les chiffres... Qui donnent raison à Gérald Darmanin.

Depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, le nombre de policiers et gendarmes a-t-il été réduit ? La députée socialiste du Tarn-et-Garonne Valérie Rabault le soutient. Sur son compte Twitter, l'élu a mis en cause le gouvernement et avancé des chiffres issus des "documents de Bercy". À l'en croire, "entre 2017 et 2020", on dénombre la suppression de 1109 postes "dans la police et la gendarmerie". Elle glisse au passage que sous la mandature de François Hollande, ces effectifs avaient été augmentés avec 9789 postes créés.

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Le ministre de l'Intérieur n'a pas tardé à réagir. "FAKE NEWS", a lancé en réponse Gérald Darmanin, selon lequel les "rapports annuels de performances" des dernières années "confirment bien" quelque 6214 créations de postes. Une passe d'armes largement commentée et que LCI a souhaité vérifier. D'autant que le ministre et la députée se basent sur des documents identiques.

Des postes non comptabilisés par la députée

Dans un communiqué, l'élue socialiste a contesté l'augmentation du nombre de policiers et gendarmes, évoquée à l'origine par le président de la République dans un entretien au Figaro. "Le rapport annuel de performance de la mission « sécurités » pour 2017 montre que les effectifs de police et de gendarmerie s’élevaient respectivement à 148.670 ETP et 98.529 ETP au 31 décembre 2017, soit 247.199 policiers et gendarmes", écrit-elle. L'édition 2020 de ce même rapport met à jour ces décomptes et prouve selon la députée que "les effectifs ont diminué de 2604 ETP dans la police nationale" et "augmenté de 1495 ETP dans la gendarmerie nationale". Le constat semble donc limpide : "Au total, les effectifs de policiers et gendarmes ont donc diminué de 1.109 ETP depuis 2017".

Ce raisonnement, le ministère de l'Intérieur le conteste formellement. Place Beauvau, on explique en effet qu'il est indispensable de tenir compte de ce qui est qualifié de "changement de programme budgétaire" pour plusieurs milliers de postes. En résumé, il s'agit d'agents ayant conservé des missions identiques, mais qui ne sont désormais plus répertoriés dans les stricts effectifs des forces de l'ordre. Cela concerne tout autant les mécaniciens en charge de l'entretien des véhicules que des personnels administratifs s'occupant de tâches financières, immobilières ou d'équipement.

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Dans les tableaux des "rapports annuels de performances" (accessibles sur le site www.budget.gouv.fr/) sont détaillées les évolutions des effectifs "à périmètre constant", ce qui permet d'opérer une comptabilisation plus représentative que l'observation des variations d'équivalents temps pleins. Les documents annuels, une fois passés en revue, permettent d'observer les hausses suivantes : 1404, 1707 puis 1398 postes créés entre 2018 et 2020 dans la police nationale. Côté gendarmerie nationale, ce sont successivement 463, 645 et 516 postes qui ont vu le jour. Soit au total, pas moins de 6133 postes en cumulé. D'où vient la différence de 81 postes avec le chiffre avancé par Gérald Darmanin ? De recrutements dans le secteur du renseignement, glisse-t-on du côté du ministère.

Des créations de postes ont bien été observées ces dernières années, ce dont attestent des documents officiels publiés en annexe au projet de loi de règlement du budget et d'approbation des comptes. Plus d'effectifs ne garantit toutefois pas une amélioration automatique des conditions de travail pour les forces de l'ordre. En effet, les jeunes policiers sont assez logiquement peu expérimentés, leur formation n'étant que de 8 mois. Une durée potentiellement insuffisante, ce qu'a reconnu Gérald Darmanin ce mois-ci. Elle sera d'ailleurs rallongée de 4 mois à partir de l'an prochain. Enfin, il faut souligner que les syndicats alertent depuis longtemps sur la recrudescence de tâches administratives. Très chronophages, elles réduiraient les capacités de mobilisation sur le terrain et le contact auprès des populations.

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