"Les entreprises ne connaissent rien à la vie d'une maman"

"Les entreprises ne connaissent rien à la vie d'une maman"

TEMOIGNAGE - Lundi, une quinzaine d'entreprises signeront la "Charte de la monoparentalité" à Paris. Objectif : être plus attentives à ces millions de salariés qui s'occupent seuls de leurs enfants. Une situation difficile que Sabine et Caroline, deux mamans célibataires, racontent à metronews.

"Etre une bonne mère de famille avec un travail à plein temps, c'est très difficile. Mais quand on est célibataire, c'est une vraie galère". Sabine sait de quoi elle parle. A 46 ans, cette Parisienne vient de se séparer de son mari. Avec ses deux ados, âgés de 16 et 17 ans, elle vit dans un petit appartement avec seulement 1700 euros par mois. "Le père ne donne pas régulièrement sa pension alimentaire, je ne dois donc pas compter dessus", nous explique-t-elle. "C'est souvent compliqué financièrement mais je m'en sors", assure Sabine. Diplômée de niveau Bac +5 en communication d'entreprise, elle espère trouver un emploi dans sa branche. Mais en attendant, il faut "remplir le frigo". Alors Sabine enchaîne les jobs alimentaires, les CDD. "Chaque journée est une course car il y a aussi les tâches ménagères et la gestion du quotidien de mes enfants", raconte-t-elle.

Sabine a dû apprendre à se serrer la ceinture, mais sans pour autant priver ses enfants, "qui sont déjà très affectés par le divorce". Du coup, "je mets de coté les tickets restaurants pour leur donner, par exemple, pour qu'ils puissent sortir un peu". Pour elle, "les entreprises ne connaissent rien à la vie d'une maman". Et encore moins à la vie d'une mère célibataire : "Quand mon enfant tombait malade et que je devais m'absenter, on me traitait de mère poule", se souvient-elle, amère. "Sous prétexte que mon enfant avait 14 ou 15 ans, il pouvait bien se débrouiller seul. Mais personne ne se rend compte de ce que c'est, un adolescent. Il faut le surveiller, s'assurer qu'il ne va pas traîner je ne sais où, être présente pour lui et le soigner".

"Au travail, je n'avais droit à aucun traitement de faveur, bien au contraire !"

Caroline se souvient bien de cette "galère". Car cette autre Parisienne de 52 ans a toujours été mère célibataire. Son conjoint l'a quittée avant la naissance de son fils. Elle occupait alors un bon poste dans une grosse boîte de banque et d'assurance et touchait 4000 euros nets par mois. "Pas à plaindre, donc", reconnaît-elle. Même si les choses sont vite devenues compliquées : "Avec des réunions tôt le matin et tard le soir, je payais cher en frais de garde et je voyais peu mon fils", se souvient-elle. Mais le plus dur, c'était de n'avoir droit "à aucun traitement de faveur au travail, bien au contraire. J'allais me plier à tout sans jamais rechigner, parce que 'personne ne quitte un travail quand on a un seul salaire pour élever un enfant', me disait-on !"

À l'école, c'était un autre discours mais tout aussi déplaisant : "Quand mon enfant avait un problème, on me faisait culpabiliser, raconte-elle. Comme si j'avais fait le choix d'être seule et que je m'occupais forcément mal de mon fils". Aujourd'hui, Caroline partage un appartement avec sa mère et son garçon, collégien. Licenciée depuis la crise financière, cette maman célibataire vit désormais une nouvelle épreuve difficile : trouver un emploi, à 52 ans. Tout en restant une bonne mère. A tout prix.

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