Les femmes ne veulent plus être "indignes" de pratiquer le sumo

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DISCRIMINATION - Les femmes ne sont pas admises dans le milieu du sumo. En tout cas pas au niveau professionnel, et de plus en plus de voix se font entendre pour contester cette "coutume".

La scène se passe en avril dernier. Avant un combat un maire fait un malaise cardiaque sur le dohyo, le ring des sumos. Des femmes et des hommes se précipitent pour l’aider, on les voit en plein massage cardiaque. Parmi eux, une infirmière. Mais dans le haut-parleur un homme hurle : "les femmes doivent quitter le ring !" Et ces dernières, y compris l'infirmière, finissent pas descendre du ring. 


Car le ring est considéré comme un lieu sacré et les femmes, jugées "impures", ne peuvent pas y accéder, selon la tradition. Aujourd’hui beaucoup de voix s’élèvent pour faire évoluer les mentalités face à ce sport qui, au Japon, est plus qu’un sport. Depuis 2000 ans, le sumo fait parti des nombreux rituels du shintoïsme, religion originelle du Japon et les sumo sont eux-mêmes considérés comme des demi-dieux.

Une femme se bat contre la "tradition"

Une maire mène un combat pour changer les règles du sport et tente de peser auprès de la fédération.  Mais cette dernière elle a quand même dû se résoudre à rester au bord du ring lors d’un discours. Ce qui ne l’a pas découragée pour autant.


"Je veux que les autorités du sumo nous entendent et changent les règles qui interdisent aux femmes d'accéder au dohyo. Parler de la "tradition" n'est qu'une façon de clore tout débat sur cette habitude, et si on ne change pas cette habitude, le Japon sera continuellement en retard sur la question des femmes." 

Quelques avancées mais...

Car, même si on le sait peu, les femmes elles sont bien présentes dans ce sport. Depuis 20 ans elles ont le droit de le pratiquer mais uniquement au niveau amateur et non professionnel. Le sumo est pratiqué partout dans le monde et des compétitions internationales sont même organisées. Les meilleures sumos viennent d'ailleurs de Mongolie. 


Même si ce sport traditionnel n’a pas été accepté parmi les nouvelles disciplines inscrites aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, la fédération s’est dite ouverte au fait que les femmes sumo participent aux JO un jour.  Mais la féminisation demeure limitée: dans les écoles primaires, on dénombre seulement une fille pour presque 300 garçons participant aux compétitions junior, selon la Fédération japonaise de sumo. 

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