Les Français n'oublient pas la "violence sociale" subie par les salariés d'Air France

SOCIÉTÉ
SONDAGE - Plus de la moitié des Français disent comprendre, sans pour autant approuver, les violences commises contre les dirigeants d'Air France. Ce sondage vient faire la lumière sur la violence sociale subie par les salariés.

Dans un sondage publié samedi 10 octobre, 54 % des Français disent comprendre, sans approuver, le comportement des salariés en colère qui ont commis des violences à l'encontre des dirigeants d'Air France lundi. Dans cette étude Ifop pour Sud Ouest , 38 % des interrogés condamnent également le comportement de ces salariés et 8 % les approuvent.

Ce sondage fait écho aux différentes positions politiques qui ont soutenu l'action des salariés d'Air France. Selon elles, le "lynchage" très médiatisé des deux dirigeants d'Air France aurait fait oublier la détresse sociale des employés, et le fait que près de 3000 d'entre eux pouvaient se retrouver sur le carreau. A l'image de ce discours très médiatisé de cette employée d'Air France qui avait vainement cherché à interpeller des cadres de l'entreprise pour établir le dialogue.

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Une "violence sociale"

Jean-Luc Melenchon, député européen et membre du Parti de Gauche, avait ainsi pris la défense des salariés d'Air France mardi à l'antenne de BFMTV . "Je mets en garde tous ceux qui montrent du doigt la violence des salariés de cette façon, en niant la violence qui leur est faite à eux." Il ajoute : "Il y a une violence qu'on ne voit pas, qui est dix fois pire (...), c'est la violence de gens qui sont condamnés à la mort sociale parce qu'ils n'ont plus leur emploi."

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, avait également considéré que le plan de restructuration d'Air France était une "énorme violence sociale" : "Je crois qu’on ne peut pas sortir ces actes (de violences, ndlr) de leur contexte. L’attitude de la direction de l'avionneur est une attitude provocatrice insupportable alors que les salariés demandent depuis des semaines qu’une véritable négociation s’ouvre", avait-il affirmé sur Public Sénat .

Le leader de la CGT a à sont tour apporté son soutien aux salariés d'Air France. Au micro de France Info mercredi, Philippe Martinez a affirmé : "La violence sociale, il faudrait en parler (..) Il y a 3000 salariés qui vont perdre leur boulot. Perdre son boulot, ça c'est violent."

54% d'empathie

L'ensemble de ces politiques disent ne pas cautionner la violence physique qui a été faite contre les dirigeants d'Air France, mais veulent faire la lumière sur la violence sociale dont souffrent également les salariés de la compagnie aérienne. Comme ces 54 % de Français qui disent comprendre l'attitude des salariés d'Air France excédés.

De quoi faire relativiser les mots utilisés par Manuel Valls et par Emmanuel Macron après cette scène très échevelée. Le Premier ministre avait qualifié de "voyous" les auteurs des violences sur le DRH de la compagnie, quand son ministre de l'Economie avait jugé "stupides" leur action.

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