"Les gens venaient nous dire 'c'est à cause vous'" : un après l'attentat de Nice, la communauté musulmane toujours éprouvée

"Les gens venaient nous dire 'c'est à cause vous'" : un après l'attentat de Nice, la communauté musulmane toujours éprouvée

SOCIÉTÉ
UN AN APRÈS - Alors que Nice commémore ce vendredi le premier anniversaire de l'attentat du 14 juillet, les souvenirs douloureux reviennent, notamment au sein de la communauté musulmane. Comment va-t-elle un an après ? LCI a interrogé Mahmoud Benzamia, imam de l’Institut niçois En-nour.

Quatre-vingt-six bougies allumées le matin, puis 86 faisceaux illuminés le soir : Nice va commémorer dans l'émotion vendredi le premier anniversaire de l'attentat commis contre la foule qui fêtait le 14 juillet l'an dernier. Ce soir-là, 84 personnes ont trouvé la mort, dont de nombreuses étaient d'origine musulmane.


Durement touchés par l'attaque sur la Promenade des Anglais, les Niçois de confession musulmane ont vécu douloureusement l'après 14 juillet, notamment pendant les premiers mois. Entre attaques verbales et physiques et stigmatisation, Mahmoud Benzamia, imam de l’Institut niçois En-nour, revient sur les mois difficiles qui ont suivi l'attentat.

En vidéo

Attentat de Nice : un an après, ils n’oublient pas

LCI.fr : Un an après l'attentat du 14 juillet, comment vont les musulmans de Nice ?

Mahmoud Benzamia : Pour être honnête, la communauté ne va pas très bien car l'islamophobie a considérablement augmenté, surtout les premiers mois après l'attentat. Ça va mieux aujourd'hui, mais il y a toujours une minorité qui essaye de faire du bruit, et je pense que le discours politique alimente les tensions.

LCI.fr : Comment se manifestaient ces tensions ?

Mahmoud Benzamia : Des gens venaient nous voir pour nous dire 'c'est à cause de vous', 'vous êtes là pour nous causer des problèmes'. En plus des attaques verbales, des fidèles ont également subi des agressions physiques. C'était dur, surtout qu'on a perdu une trentaine de citoyens de confession musulmane dans l'attentat. Depuis un an, on essaye de faire de la pédagogie en leur faisant comprendre que nous ne sommes pas tous à mettre dans le même sac.

LCI.fr : Comment faites-vous de la pédagogie ?

Mahmoud Benzamia : J'essaie de la faire dans mes discours, dans les réceptions, un peu partout. Nous avons organisé des journées portes ouvertes à la mosquée, notamment pendant le ramadan. Samedi, pour les commémorations de l'attentat, un repas sera offert à tous les invités de tous horizons. Les gens pourront parler de leur sentiment réel un an après le drame.

LCI.fr : Vous évoquez les commémorations, comment sont-elles appréhendées par les fidèles niçois ?

Mahmoud Benzamia : C’est très difficile. Certaines familles ne veulent pas du tout assister aux commémorations, car c’est un souvenir trop douloureux et trop triste. Les musulmans qui fréquent notre mosquée se demandent pourquoi ils sont si peu considérés et je pense que certains iront en parler avec le président Emmanuel Macron. Mais la majorité va venir assister à ces commémorations, et on a déjà eu des confirmations de plusieurs familles qui vont passer la veillée à la mosquée.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Attentat de Nice

Plus d'articles

Lire et commenter