Les 5% les plus riches vivent 13 ans de plus que les 5% les plus pauvres

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STATISTIQUES - L'argent ne fait pas le bonheur... mais il permet de vivre plus longtemps. Selon une enquête de l'Insee publiée mardi 6 février, les personnes les plus riches ont une espérance de vie bien plus élevée que les personnes les plus modestes. C'est encore plus vrai pour les hommes que pour les femmes.

Selon que vous soyez puissants ou misérables... disait La Fontaine, vous vivrez plus ou moins logtemps pourrait-on ajouter aujourd'hui. Ici, il n'est point question de puissance mais de richesse ou plus exactement de niveau de vie. L'espérance de vie par niveau de vie : Les hommes les plus aisés ont 13 ans d'espérance de vie de plus que les plus modestes, selon une étude de l'Insee publiée mardi soir.  Cette dernière met en avant les différences de longévité les Français, qu'ils soient un homme ou une femme, diplômés ou non, qu'ils habitent en Occitanie, en Ile-de-France ou dans les Hauts-de-France. Voici les enseignements à retenir de cette enquête. 

Les individus les plus aisés vivent plus longtemps

Le premier enseignement est que les plus riches ont une espérance de vie beaucoup plus importante que les plus modestes : l'écart est de 13 ans pour les hommes et de 8 ans pour les femmes. Pour la période 2012-2016, l'espérance de vie à la naissance des hommes parmi les 5% les plus aisées (avec en moyenne 5.800 euros par mois) est de 84,4 ans. Parmi les 5% les plus modestes (environ 470 euros par mois), les hommes ont une espérance de vie de 71,7 ans. Ce qui fait pour les hommes les plus aisés une différence de 13 ans avec les plus modestes. Chez les femmes, cet écart est réduit à 8 ans. L’espérance de vie à la naissance des femmes parmi les 5% les plus aisées atteint 88,3 ans, contre 80,0 ans parmi les 5% les plus modestes.


Pourquoi ? Tout d'abord, les difficultés financières peuvent limiter l’accès aux soins. D’après l’enquête Santé et protection sociale de 2014, 11% des adultes parmi les 20% les plus modestes disent avoir renoncé à consulter un médecin au cours des 12 derniers mois pour des raisons financières. Les cadres au niveau de vie plus élevé sont aussi moins exposés aux risques professionnels (accidents, maladies, exposition à des produits toxiques). 

Les femmes ont une meilleure espérance de vie, même celles ayant un niveau de vie moins élevé

L’espérance de vie à la naissance des femmes dépasse en moyenne de 6 ans celle des hommes pour la période 2012-2016. Les femmes les moins aisées atteignent tout de même les 80 ans, et ont "seulement" 4 ans d’écart avec les hommes les plus aisés. A partir de 1.300 euros de niveau de vie par mois, l’espérance de vie des femmes dépasse celle des hommes parmi les 5% les plus aisés. Seules les femmes dont le niveau de vie se situe parmi les 30% les plus modestes vivent en moyenne moins longtemps que les hommes appartenant aux 5% les plus aisés. Selon l’Insee, les femmes ont des comportements plus favorables à une bonne santé. Par exemple, d’après le Baromètre Santé 2014, seulement 5% des 18-75 ans consomment quotidiennement de l’alcool, contre 15% des hommes du même âge.

Etre diplômé ne garantit pas nécessairement une meilleure espérance de vie

A niveau de diplôme donné, l’espérance de vie augmente aussi avec le niveau de vie. Chez les non-diplômés, l’espérance de vie à 35 ans des hommes parmi les 25% les plus aisés est de 46 ans, contre 39 ans pour ceux appartenant aux 25% les plus modestes. Soit 7 ans d’écart. Chez les diplômés du supérieur, l’écart est de 8 ans. Par ailleurs, les hommes les plus aisés sans diplôme vivent plus longtemps au-delà de 35 ans que les diplômés du supérieur les plus modestes (46 contre 42 ans).


Un faible niveau de vie malgré un niveau de diplôme élevé reflète parfois des difficultés de santé. Par ailleurs, le niveau de vie dépend des caractéristiques de la personne mais aussi de celles de son conjoint éventuel.

Des disparités régionales

Entre 2012 et 2016, la probabilité de décéder à sexe et âge donnés varie selon la région de résidence. L’Ile-de-France est la région où cette probabilité est la plus faible, les Hauts-de-France celle où elle est la plus forte. 


Si l'on tient compte du sexe, de l’âge, du niveau de vie, du diplôme et de la catégorie sociale, des écarts entre régions demeurent. Dans ce cas-là, l'Occitanie et les Pays de la Loire sont les régions où le risque de décès est le moins important. En revanche, les Hauts-de-France ferment également la marche de ce classement. Ces différences s'expliquent par des différences culturelles (habitudes alimentaires…), comportementales (alcool, tabagisme…), environnementales (pollution…) ou celles liées à l’offre de soins pourraient expliquer ces écarts. 

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