Les jeux dangereux, stars de la récré

Les jeux dangereux, stars de la récré

ÉDUCATION - Pendant deux jours, des professionnels du monde entier se rencontrent à Paris pour un colloque sur les jeux dangereux en milieu scolaire. Ils pointent du doigt la prévention, souvent insuffisante, et pourtant indispensable pour mieux cerner les potentielles victimes.

Elle répète avec douceur la même histoire à qui l'interroge. Fabienne Tosi raconte son fils, Florent. À treize ans, ce jeune adolescent s'est tué dans sa chambre, en jouant au "jeu du foulard". Elle milite désormais au sein de l'association APEAS (Association des parents d'enfants accidentés par strangulation), qui coorganise un colloque sur le sujet à Paris ce lundi. "Il ne faut pas cesser d'en parler pour que le même drame n'arrive pas à de nouveaux parents", implore-elle, à la sortie de la conférence de presse. 

Le jeu du foulard tient toujours le haut du pavé

En France, le jeu du foulard, aussi appelé "la grenouille" ou "le rêve indien" fait plusieurs victimes chaque année. Populaire dans les cours de récréation, il consiste à provoquer une asphyxie et des hallucinations en se privant de respiration. "D'un établissement à un autre, les noms changent, mais les pratiques restent les mêmes", détaille Eric Debarbieux, professeur en sciences de l'Education à Paris-Créteil. Outre les jeux par strangulation, les jeux violents consistent à frapper des élèves aux caractéristiques définies à l'avance, comme une couleur de vêtement, une date d'anniversaire ou un passage chez le coiffeur.

De telles pratiques commencent parfois dès la maternelle et sont encore difficiles à déceler, tant pour les parents que pour les équipes éducatives. "Il faut surveiller les symptômes, qui peuvent être des céphalées importantes, des traces au niveau du cou, des troubles auditifs ou une vision diminuée", détaille le docteur Jean Lavaud, pédiatre aux urgences de l'hôpital Necker, à Paris.

Facebook, Snapchat et Ask, stars du cyber-harcèlement

Les réseaux sociaux ont aussi fait leur apparition dans le phénomène. Facebook, Snapchat ou ask.fm sont des vecteurs privilégiés par les harceleurs. "Il n'y a pas plus de harcèlement. C’est simplement un canal supplémentaire", précise Eric Debarbieux. Récemment, la vidéo d'une adolescente f rappant une jeune fille dans un parc de Nancy a fait le tour des réseaux sociaux. "Il faut que les jeunes se rendent compte que ce phénomène est un délit", continue l'universitaire.

Cette année, en 2014, l'APEAS a eu connaissance de deux décès par strangulation. Contre une quinzaine les années passées. Pas suffisant pour Fabienne Tosi, la mère de Florent. "Il faut que les parents sachent. Mon fils pensait sûrement que cette pratique n'était qu'un jeu. Mais c'est un jeu qui l'a tué".

>> Pour plus d'information et des conseils de prévention, rendez-vous sur le site de l'APEAS.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

REVIVEZ - "Danse avec les stars" la finale : c'est Tayc qui l'emporte face à Bilal Hassani !

Variant "Omicron" : "S'il y a un cas en Belgique, il y en a déjà en France"

EN DIRECT - Variant Omicron : le Royaume-Uni durcit ses conditions d'entrée pour tous les voyageurs

En évoquant "l'autonomie" de la Guadeloupe, Sébastien Lecornu fait des vagues

VIDÉO - À Marseille, Éric Zemmour termine son périple chahuté par un échange de doigts d'honneur

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.