Les journalistes libérés en Syrie sont arrivés en France

Les journalistes libérés en Syrie sont arrivés en France

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LIBERATION - Après 10 mois de captivité en Syrie, les quatre journalistes français libérés samedi sont arrivés ce dimanche matin en hélicoptère sur la base de Villacoublay, au sud de Paris. IIs ont été accueillis par François Hollande et leurs familles.

Visages glabres, ils ont tous les quatre rasé leur abondante barbe, signe de leur calvaire. Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès sont arrivés ce dimanche matin en France, au lendemain de l'annonce de leur libération après 10 mois de captivité en Syrie.

A leur descente d'hélicoptère, les ex-otages ont d'abord embrassé sur le tarmac le Président, accompagné du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, avant de se jeter dans les bras de leurs familles. Pantalon beiges et vestes polaires, amaigris, visiblement fatigués, les journalistes arrivaient d'Evreux, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Paris, où leur avion venu de Turquie s'était posé plus tôt dans la matinée.

Sur le tarmac, le président de la République a salué "un jour de joie pour la France". "La France est fière d'avoir des compatriotes de cette valeur, qui puissent servir la liberté de la presse et la France est fière d'avoir pu obtenir qu'ils soient aujourd'hui libres", a-t-il dit, avant de rappeler qu'"il y a encore des otages en Syrie, retenus parce qu'ils sont journalistes". Après l'allocution présidentielle, Didier François s'est également exprimé au micro devant la presse. "Ca a été long, mais on n'a jamais douté", a-t-il déclaré. "On a vraiment cette chance d'être Français", a-t-il ajouté après avoir remercié sa famille, la voix étranglée par un sanglot.

"Pas de rançon"

Peu de détails ont filtré sur les conditions de la libération des quatre hommes. Didier François, 53 ans, grand reporter à Europe 1, et le photographe Edouard Elias, 23 ans, avaient été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013. Le 22 juin, c'était au tour de Nicolas Hénin, 37 ans, reporter à l'hebdomadaire Le Point, et Pierre Torrès, 29 ans, photographe indépendant, à Raqqa. Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a assuré qu'il n'y avait "pas eu de rançon" mais des "négociations". Mais Alain Marsaud, député UMP des Français de l'étranger, a estimé que "si ce n'est pas nous qui payons, c'est d'autres qui payent à la place (...) Nous le saurons peut-être un jour, peut-être qu'on ne le saura jamais."

On sait également encore peu de choses sur les conditions de détention des otages. "Depuis quelque temps on avait des nouvelles régulières toutes les trois semaines sur le fait qu'ils étaient détenus ensemble, pas isolés, et qu'ils n'avaient pas subi de trop mauvais traitements", a dit Fabien Namias, directeur général d'Europe 1, pour qui travaillaient deux otages. "On savait qu'ils allaient bien, qu'ils étaient plusieurs dans une même cellule, que leur santé avait l'air d'aller, qu'ils avaient le droit d'aller aux toilettes deux fois par jour, et qu'il n'y avait pas de maltraitances", a raconté Karen Lajon, porte-parole du Comité de Soutien des otages en Syrie.

Nicolas Hénin a quand même expliqué s'être évadé trois jours après son enlèvement le 22 juin et avoir été repris par ses ravisseurs au bout d'une nuit de course solitaire dans la campagne syrienne, dans une interview à France 24. "En tout, a-t-il dit, je suis passé par une dizaine de lieux de captivité (...). La plupart du temps, avec d'autres personnes, notamment Pierre Torrès qui m'a rejoint assez vite. Cela a été une longue errance de lieux de détention en lieux de détention".

VIDEO - Les mots de Nicolas Hénin sur le tarmac :

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