Les menus sans porc vont pouvoir faire leur retour dans les cantines de Châlon-sur-Saône

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POLÉMIQUE - Le tribunal administratif de Dijon a annulé lundi la décision de la ville de Chalon-sur-Saône qui avait supprimé depuis 2015 les menus de substitution au porc dans les cantines scolaires.

C'est la fin d'un feuilleton qui aura duré plus de deux ans. La justice a annulé ce lundi la décision de la ville de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), qui avait supprimé depuis deux ans les menus de substitution au porc dans les cantines scolaires. Le tribunal administratif de Dijon a considéré que cette décision "n'avait pas accordé, au sens de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, une attention primordiale à l'intérêt des enfants". "Il s'est ainsi prononcé, sans prendre aucune position de principe à caractère général, au regard du seul cas particulier des cantines scolaires de Chalon-sur-Saône", précise le tribunal dans un communiqué.


Invoquant le "principe de laïcité", Gilles Platret, le maire les Républicains de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), avait décidé en mars 2015 de ne plus donner le choix aux élèves lorsqu'il y a du porc inscrit au menu des cantines scolaires de sa commune : du porc et c'est tout, n'en déplaisent aux enfants qui disent ne pas aimer cette viande, ou dont la religion ou la culture interdisent de manger de cet animal. Le conseil municipal de Chalon-sur-Saône avait voté en septembre 2015, à une large majorité, une délibération mettant fin à la distribution de menus de substitution au porc dans les restaurants scolaires.

Dénonçant "une atteinte à la liberté de culte et de conscience", la Ligue de défense judiciaire des musulmans (LDJM) avait alors déposé un recours en justice. Le tribunal administratif de Dijon avait rejeté à deux reprises en 2015, pour défaut d'urgence, les précédents recours intentés en référé contre cette mesure par la LDJM, qui obtient ici gain de cause. Vendredi, le rapporteur public s'était déjà prononcé en faveur de l'annulation de la décision, estimant que cette mesure "a mis fin à une pratique ancienne et durable qui jusqu'ici n'avait pas fait débat" et mis en doute la prise en compte de "l'intérêt supérieur de l'enfant". 

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