Le stress prénatal existe-t-il ? Une étude sur les orphelins de 14-18 semble le démontrer

Le stress prénatal existe-t-il ? Une étude sur les orphelins de  14-18 semble le démontrer

ENQUÊTE - Les enfants nés entre 1914 et 1916, dont le père est mort au combat durant la Première Guerre mondiale, ont vécu en moyenne un an de moins que les autres. Ce sont les conclusions inattendues d'une étude française cherchant à évaluer l'impact du stress pré-natal sur l'espérance de vie.

On savait que le stress subi aux débuts de la vie avait un impact néfaste sur la santé. Mais on ne se doutait pas qu'il pouvait avoir aussi des conséquences sur la mortalité. 

C'est précisément l'objet de l'étude, conduite par les épidémiologistes Nicolas Todd et Alain-Jacques Valleron de l'Inserm et le pédiatre et endocrinologue Pierre Bougnères de hôpital du Kremlin-Bicêtre : voir si le stress psychologique subi par la mère pendant la grossesse réduisait l'espérance de vie à l'âge adulte de son enfant. Les résultats ont été présentés lundi 12 septembre à Paris au 55e congrès annuel de la Société européenne d'endocrinologie pédiatrique. Et ils sont surprenants.

Augmentation de la mortalité à l'âge adulte chez tous ceux qui ont vécu un stress précoce

Les chercheurs ont utilisé des bases de données historiques pour identifier plus de 4000 enfants nés entre août 1914 et décembre 1916 et dont les pères ont été tués ou gravement blessés pendant la Première Guerre mondiale. Deux situations induisant un stress psychologique majeur pour la mère. Grâce aux registres de naissance croisés avec une base recensant 1,4 million de militaires français décédés, les auteurs ont pu déterminer, parmi ces derniers, si le décès était survenu avant ou après la naissance. 

Pour effectuer les comparaisons, chacun des enfants pupille de la Nation a été associé à un enfant non pupille de la Nation, de même sexe, né au même moment, au même endroit et dont la mère avait le même âge. Les chercheurs ont constaté une augmentation de la mortalité à l'âge adulte chez tous ceux qui ont vécu un stress précoce, perdant en moyenne une année d'espérance de vie adulte par rapport au groupe des non-pupilles.

 Et la réduction de l'espérance de vie est encore plus grande (de 2,2 ans) pour les orphelins dont le père avait été tué avant leur naissance alors que leur mère était enceinte. Prochaine étape, annonce l'épidémiologiste Nicolas Todd : déterminer la cause de la mort chez ces derniers orphelins pour éclairer les mécanismes impliqués. 

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