Effet Weinstein : les plaintes pour viols et agressions sexuelles en forte hausse en France en 2017

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#BALANCETONPORC - Dans un bilan annuel publié ce jeudi, l’Institut Interstats dresse le bilan de l’insécurité et de la délinquance en 2017. La hausse des plaintes pour viols et agressions sexuelles est particulièrement forte au quatrième trimestre, alors que le mouvement de libération de la parole des victimes battait son plein.

La tendance était en partie attendue, mais les chiffres viennent le confirmer. Selon une étude publiée jeudi par le ministère de l'Intérieur sur son compte Twitter, les plaintes pour viols et agressions sexuelles enregistrées par les forces de l'ordre sont en "nette hausse" en 2017, respectivement de 12% et 10%.

Cette hausse est même particulièrement marquée au quatrième trimestre de l’année : le nombre de plaintes pour agressions sexuelles y est "très en hausse" par rapport à la même période de 2016, avec une augmentation de 31,5%. 


Selon le service statistique du ministère de l'Intérieur, cette hausse est probablement due à la révélation de faits plus anciens dans le contexte de la prise de parole des femmes à la suite de l'affaire Weinstein. 

Le producteur déchu Harvey Weinstein, qui a régné sur Hollywood pendant des décennies, est accusé par plus de 100 femmes de harcèlement, agressions sexuelles ou viols. Depuis ces révélations début octobre, une litanie de personnalités d'Hollywood comme les acteurs Kevin Spacey, Dustin Hoffman ou Jeffrey Tambor, ont à leur tour été accusés d'abus sexuels. En France, la parole des femmes s'est aussi libérée via le hashtag #balancetonporc, via lequel des centaines de femmes ont dénoncé les agressions sexuelles dont elles étaient victimes.

Violences physiques

Le document "Insécurité et délinquance en 2017" publié par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), met également en lumière une hausse (+4%) du nombre de victimes de coups et blessures volontaires sur les personnes âgées de plus de 15 ans.  "Leur niveau approche désormais les 223.000 victimes, un point haut sur 10 ans", souligne la place Beauvau, soulignant que ce chiffre est probablement sous-évalué.  


"En moyenne entre 2014 et 2016, seulement un quart des victimes de violences physiques exercées par un auteur qui n'appartient pas ou plus à leur ménage ont formellement déposé plainte dans un commissariat de police ou à la gendarmerie, et 10% pour les victimes dont l'auteur vit au sein du ménage. C'est donc autour d’un million de personnes (hors enfants) qui seraient victimes de violences physiques en France métropolitaine sur un an", explique le SSMSI.


Dans les autres domaines de la criminalité et de la délinquance, il y a eu en 2017 825 victimes d'homicides, après 892 en 2016 et 872 en 2015. Les vols avec arme (-3%) et les vols violents mais commis sans usage d'une arme (-5%) sont en net recul, selon les données enregistrées par la police et la gendarmerie. Ces deux services ont en revanche noté une hausse des plaintes pour cambriolages (+2%), particulièrement en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine, en PACA et en Corse. Le ministère de l'Intérieur constate également une "forte augmentation" des escroqueries et infractions assimilées avec 320.000 victimes enregistrées l'an dernier.

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