Les policiers en cortège pour crier leur ras-le-bol

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COLÈRE POLICIÈRE - Pour la première fois depuis plus de trente ans, les forces de l'ordre vont défiler en masse sous les fenêtres du ministère de la Justice. Un événement rare, qui trouve ses racines dans la grave blessure essuyée par un policier de la part d'un détenu qui s'était échappé en permission.

Bernard Cazeneuve a eu beau leur demander de ne pas opposer la police à la justice, les forces de l'ordre n'en ont cure : elles défileront place Vendôme, devant le ministère de la Justice, ce mercredi 14 octobre à midi. Un rassemblement assez rare pour que le pouvoir en prenne note puisque la dernière manifestation massive en date, datait de... 1983.

La fatigue de janvier et l'accumulation habituelle

Cette fois, les policiers, quel que soit leur métier ou leur grade, viennent exprimer leur mécontentement après la grave blessure d'un de leur collège de la Bac, sur l'Ile-Saint-Denis, le 5 octobre dernier. Ce dernier a été touché lors d'une course-poursuite avec un braqueur qui s'était échappé après sa permission. Gardiens de la paix, officiers, commissaires, qui marcheront à l'appel de toutes les organisations syndicales policières, reprochent à l'exécutif les moyens qui lui sont donnés et la réponse pénale faite à la récidive et à la délinquance en général.

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Rien de neuf sous le soleil, reconnaît un haut fonctionnaire contacté par Le Monde . Si ce n'est "la fatigue accumulée depuis janvier" et les nombreuses heures supplémentaires accumulées par les forces de l'ordre après les attentats.

François Hollande dans le viseur

Après le fait divers qui a cristallisé la colère policière, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a rappelé les efforts déployés depuis le début de l'année pour la police : 230 millions d'euros de crédits, servant notamment à acheter 1186 voitures, 20.800 gilets pare-balles. Sans convaincre.

Mais ce n'est rien à côté de la défiance que leur inspire Christiane Taubira. La proposition de la ministre de la Justice après la grave blessure du policier de la Bac, consistant à créer des escortes pour les détenus en permission, a été ainsi décrite, toujours auprès du Monde, comme "une annonce alambiquée et à côté de la plaque" par Philippe Capon (Unsa-Police). Ce mercredi, ce n'est donc ni la ministre de la Justice, ni son collègue de l'Intérieur, que voudront voir les policiers, mais bien François Hollande.

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