Les policiers pourront porter une cagoule, mais dans des situations "exceptionnelles"

SOCIÉTÉ

ENCADREMENT – Une note interne de la Direction de la police nationale précise le cadre dans lequel les policiers sont autorisés à porter une cagoule.

Le port de la cagoule est autorisé, mais "à titre exceptionnel". Une note interne de la Direction générale de la police nationale (DGPN), révélée lundi par Le Parisien et dont LCI a eu la lecture, précise les directives quant aux interventions masquées. Une mise au point qui répond à une demande de plus en plus appuyée sur le terrain.

Lors du mouvement de grogne des policiers à l’automne dernier, des réunions ont en effet été organisées dans chaque département avec les policiers et les préfectures pour voir ce qui pouvait être amélioré afin d'aider les agents dans leur quotidien. Après Magnanville et Viry Chatillon, il est apparu que le port de la cagoule était une demande forte des policiers de la sécurité publique. Pour préserver leur anonymat et donc leur sécurité. 

Depuis le 7 avril 2011, un arrêté autorise déjà le port de la cagoule pour les services spécialisés : les unités antiterroristes (UCLAT,SDAT, CIAT, DGSI), mais aussi la BRI, le RAID, le GIPN et le GSPR. Les policiers de la sécurité publique se retrouvent de plus en plus à intervenir à leurs côtés, mais à visage découvert.

Lire aussi

Dans cette note diffusée le 9 mars dernier, la DGPN souligne qu’elle n’est pas contre l’idée que les agents officient à visage couvert tant que cela reste encadré et limité à certaines missions. Sont par exemple concernées : les opérations en lien avec la radicalisation, le terrorisme, le grand banditisme, l’escorte de détenus sensibles,  l’assistance à des services spécialisés ou encore l'intervention dans le voisinage immédiat d'un policier dont la présence est nécessaire. Le ministère de l’Intérieur rappelle néanmoins que le "principe général" reste "le travail à visage découvert". Par ailleurs, le port du RIO ( le numéro qui permet d'identifier le policier) sur l'uniforme reste obligatoire. 

En vidéo

Policiers tués à Magnanville : Larossi Abballa a espionné ses victimes

Si la mesure répond à leur demande, les policiers regrettent la situation à laquelle il a fallu arriver pour que la décision soit prise. La profession a été traumatisée en juin par le meurtre d’un couple de confrères à Magnanville, tués par un islamiste qui les avait reconnus. "Il a fallu ce drame pour que l'on débouche sur un plan sécurité publique allant vers une plus grande anonymisation des procès-verbaux des fonctionnaires", a confié Benoît Barret, secrétaire national adjoint du syndicat Alliance, à nos confrères du Parisien

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter