"Les poupées, c’est pour les filles puisque c’est rose ?" : le papa partage la réaction de son fils de 4 ans… et se fait lyncher sur Twitter

SOCIÉTÉ
L’HISTOIRE – Le fils de Guillaume, âgé de 4 ans, voulait une poupée pour Noël mais n’osait pas le demander. Attendri, le papa a raconté cette histoire sur Twitter… et déclenché une rafale de commentaires sexistes et homophobes. Guillaume a publié un texte pour expliquer, et dénoncer.

L’autre jour, Guillaume a rédigé une liste de Noël avec son fils de 4 ans. La première, la vraie, avec des catalogues. En les feuilletant, son fils, l’air de rien, s’est arrêté sur les pages "poupées", en rose dans le prospectus. Et a demandé d’une voix timide : "C’est pour les filles puisque c’est en rose ?" Guillaume a répondu, un peu vite : "C’est plutôt pour les filles, mais tu peux très bien avoir ça si tu veux, c’est aussi pour les garçons". Son fils a tourné la page, sans rien dire. Mais quelques jours plus tard, à table,  l'enfant a demandé : "Mais les poupées, c’est pour les filles ?"


Pour Guillaume, ça a alors fait tilt. Son fils, en fait, a envie d’une poupée pour Noël. Mais il n’ose pas le demander. A l’impression qu’il n’y a pas le droit, que ce n’est pas pour lui, parce qu’il est un garçon. Attendri, Guillaume poste un petit message sur Twitter pour évoquer la symbolique des couleurs rose ou bleu sur les catalogues de Noël, et pointer la responsablité des commerçants sur le sujet. 

Son tweet fait du chemin, est partagé près de 2.000 fois. Les commentaires affluent. D’abord bienveillants. Et puis quelques heures plus tard, Guillaume voit déferler "une salve d’insultes et de propos homophobes". De ce genre :

Nous ne relaierons pas ici d'autres messages, la plupart étant particulièrement insultants. Mais face à ce déversement de haine, Guillaume reste abasourdi. Et il veut le raconter. Il écrit alors un court texte, "Voyage au pays des sexistes et des homophobes", posté sur Facebook, où il raconte cette histoire et sa démarche. 

Guillaume et sa femme, raconte-t-il dans son post, sont loin d’être des "militants conscients et actifs de l’égalité entre les genres" : "A la maison, c’est moi qui bricole et qui m’occupe des travaux extérieurs, et c’est elle qui fait à manger et qui fait la lessive", écrit le jeune homme. "Mais c’est aussi moi qui fait le ménage, et elle qui s’occupe d’aller regonfler les pneus ou d’aller discuter avec le garagiste. On ne s’est pas réparti les tâches en fonction de nos genres, mais en fonction de ce qu’on aimait ou détestait faire." Et pour le fiston, ça a été pareil : couches, déjeuner ou bain, chacun fait les deux,  suivant les disponibilités. Naturellement. 


Et pour l’éducation, là encore, ça a été pareil. "Il ferait ce qu’il aimerait faire, point. Et il aurait ce qui lui plairait comme jeux, sans préjugés", raconte Guillaume. "Il a donc eu des voitures, des camions, des épées, des ballons, des spiderman… mais aussi une dinette, une poupée à qui donner le biberon, une poussette, un aspirateur… On part du principe que s’il veut un jouet, c’est qu’il en a envie, donc inconsciemment qu’il en a besoin pour son équilibre et son développement."

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L’histoire de Guillaume a recueilli sur Facebook des dizaines de messages de soutien. Et des expériences partagées de parents. "Mon garçon de 4 ans a lui aussi joué à la poupée, et se promenait dans la rue avec sa poussette", raconte Ingrid, une internaute. "Je trouve ça normal, il reproduit juste notre quotidien." "Bravo et merci !", commente aussi Marlène. "Mon fils a eu une poupée Reine des neiges pour son 4e anniversaire, elle fait des combats avec Spiderman !" Mais, abonde Julien, "c'est un fait : pour un petit garçon, ressembler à une fille ou jouer avec des jouets de filles est dégradant alors que pour une petite fille jouer avec des jouets de garçon c'est plutôt cool voire valorisant." 


Quant à Julie, maîtresse en maternelle, elle écrit : "Dans toutes les écoles où j’ai travaillé, les petites filles jouent aux voitures et les garçons aux poupées et à la dînette. Bravo à vous pour l’éducation que vous donnez à votre a fils. L’important est qu’il soit tout simplement heureux." Ah, oui, chez Guillaume, cette année, le père Noël a reçu commande d’une poupée. 

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