Les routes françaises sont-elles dangereuses ? Une association dénonce leur dégradation

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RÉSEAU ROUTIER - Plus de 31 000 signalements de chaussée dégradée ont été listés par l’association 40 millions d’automobilistes. Un constat inquiétant, quand on sait que près d’un accident sur deux comporte des facteurs liés à un défaut d'infrastructure.

Le réseau routier français n’est pas à la hauteur de sa réputation. Pris comme exemple par nos voisins européens qui nous envient la qualité de nos voies, le million de kilomètres de bitume français se dégrade dangereusement. L’Association 40 Millions d’automobilistes a ainsi recensé 31 186 signalements de routes abimées en se basant sur le site Jaimalamaroute.com. Une alerte plus dramatique qu’elle ne peut paraître, puisque selon Le Parisien, qui diffuse la liste, près d’un accident sur deux est en partie dû à un problème d’infrastructure.


"Sachant que 47% des accidents comportent des facteurs se rapportant à l’infrastructure, il est inadmissible de voir nos routes se dégrader sans la moindre réaction des pouvoir publics", s’emporte le délégué général de l’association Pierre Chasseray. "Cette carte n’est pas exhaustive, mais témoigne du laisser-aller en matière d’entretien". Si un accident mortel faute de travaux se produit sur l’un des axes signalés, 40 Millions d’automobilistes se portera partie civile, avertit-elle.

Du côté de l’Union syndicale de l’industrie routière, le désengagement de l’Etat et le manque de moyens dédiés à cette infrastructure par les mairies et les départements sont pointés du doigt. En charge à lui seul d’un réseau de 20 000 km, l’Etat se défend en précisant avoir consacré "300 millions d’euros à la réfection des nationales, ce qui représente 400 chantiers", précise un conseiller du ministre des Transports. D’après un rapport annuel de performance datant de 2013, 16% des chaussées du réseau national ont un indice de qualité "mauvais".

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Le Parisien a regroupé les points problématiques des routes françaises. Outre les habituels nids-de-poule et ornières qui amplifient les risques de crevaison et de sortie de route, sont référencés le marquage au sol effacé, la mauvaise évacuation des eaux entraînant aquaplanage et ralentissement brusque, ou encore les dos-d’âne trop "agressifs". 


Les glissières de sécurité endommagées ou absentes des endroits dangereux sont également montrées du doigt,  comme la végétation débordant sur la route ou empêchant une bonne vision de la signalisation, ainsi que les panneaux rendus illisibles par les temps ou les dégradations. Le syndicat des équipements de la route affirme d’ailleurs que 40% des 25 millions de panneaux de signalisation sont aujourd’hui non conformes.

En Ile-de-France, le préfet de région Jean-François Carenco propose l’utilisation de la publicité pour financer les rénovations. Selon Le Parisien, son objectif serait d’installer 40 panneaux publicitaires au bord des routes gérées par l’Etat. Il estime qu’un panneau sur les routes les plus fréquentées peut rapporter jusqu’à un million d’euro par an.

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