Les salariés d'Aldi ne doivent plus rattraper les heures perdues lors de l'assaut contre les frères Kouachi

SOCIÉTÉ
RÉTROPÉDALAGE - L'entreprise Aldi Marché, dont les locaux de Dammartin-en-Goële ont dû être évacués avant l'assaut des forces de l'ordre contre les terroristes de Charlie Hebdo, a été pointée du doigt mardi lorsque l'on a appris qu'elle voulait décompter les heures perdues du temps de travail de ses salariés. La direction, qui avait assumé cette décision dans Le Parisien, l'a finalement démentie.

La décision d'Aldi Marché ne faisait pas vraiment Charlie. L'enseigne de Hard-discount alimentaire s'est attirée les foudres des internautes mardi après un article publié le matin par Le Parisien. Et pour cause : les salariés de son entreprise de Dammartin-en-Goële s'y disaient sous le choc après avoir appris que leur direction allait décompter de leur temps de travail les heures perdues... lors de l'assaut du GIGN et du Raid contre les frères Kouachi.

EN SAVOIR +  >> VIDEO - Les images de l'assaut du GIGN à Dammartin-en-Goële

Cette entreprise de Dammartin-en-Goële, qui approvisionne les supermarchés d'Île-de-France de l'enseigne, est en effet située à proximité de l'imprimerie où s'étaient retranchés les deux terroristes auteurs de l'attentat contre Charlie Hebdo. Vendredi 9 janvier, la zone était donc bouclée et quatre employés n'ont pu rejoindre leur lieux de travail. D'autres ("une quinzaine") ont dû quitter précipitamment les locaux vers 16h30, lorsque les forces de l'ordre ont procédé à leur évacuation avant de lancer l'assaut. Au total selon leur heure d'arrivée, la journée de ces derniers a donc été écourtée de trente minutes à une heure et demie.

"Ils ont revu leur position"

"Aucune réduction de salaire n'est envisagée", mais ces employés devront bien rattraper leurs heures, confirmait le gérant d'Aldi Marché au Parisien . Tout en tentant de faire valoir une certaine mansuétude : ils les "récupéreront à leur convenance dans le cadre de leurs horaires variables". "On quitte les lieux par mesure de sécurité et on nous retire le temps en dessous des sept heures !, s'offusquait de son côté la déléguée CFTC du personnel dans les colonnes du quotidien. Il aurait fallu que l'on dise au GIGN : Attendez, on ne peut pas partir tout de suite, on n'a pas fait nos sept heures !"

Mais jointe mardi à la mi-journée par L'union-L'ardennais , la direction de l'entreprise de Dammartin-en-Goële a démenti en bloc, assurant ne pas comprendre cette "tentative de polémique". "Aucune perte de salaire n'affectera les salariés, aucune heures ne sera à récupérer, que les salariés aient été présents ou non le 9 janvier", a-t-elle assuré au quotidien régional, cette décision ayant selon elle été "reprécisée aux salariés ce lundi 19 janvier".

Contacté par metronews mardi, le DRH de l'entreprise, Pascal Vigier, n'a pas répondu à nos questions en expliquant être "à l'étranger". Une source syndicale interne juge néanmoins que la direction a fait machine arrière face au tollé : "Vu l'importance des réactions et la tournure que cela a pris, ils ont revu leur position".

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