Travail en open-space, baby-foot et bureaux partagés pour tous ? Cinq idées reçues sur la qualité de vie au travail

Travail en open-space, baby-foot et bureaux partagés pour tous ? Cinq idées reçues sur la qualité de vie au travail

DirectLCI
ETUDE - L’Observatoire Actineo a mené une grande enquête sur la qualité de vie au travail en 2017. Qu’attendent les salariés français ? Dans quelles conditions travaillent-ils réellement ? Les résultats sont plutôt étonnants... Entre mythe et réalité, LCI fait le point.

Travailler autrement. Travailler en s’amusant. S’arranger avec ces horaires. Avoir des open-spaces verdoyants, des managers du bonheur en entreprise. Depuis quelques années, le bien-être, la qualité de vie au travail sont devenus des arguments massues brandis par les entreprises, qui alignent des clichés de salariés heureux, détendus, navigant entre des canapés acidulés, des bureaux qui ressemblent à une bibliothèque, de grandes tables où poser son ordinateur, entre une table de ping-pong, un piano,  et une bulle de confidentialité. 


Est-ce ça le travail en 2017 ? Et bien, la réalité est plus nuancée. Bien plus. C’est ce que montre le baromètre 2017 de l’Observatoire Actineo, dévoilé ce jeudi, sur la qualité de vie au travail. Place au démontage des idées reçues.

  • 1Bureaux partagés partout, vraiment ?

    Tout le monde le serine : les grands open-space, le "flex office" (sans bureaux fixe) et espaces de travail alternatifs sont l’avenir ! Et bien dans les faits, on en est loin : d’après l’enquête de l’Observatoire Actineo, près de 7 actifs sur 10 (65%) travaillent dans un bureau fermé. Et même un tiers d'entre eux (32%) dispose d'un bureau individuel fermé. 


    En fait, moins d’un tiers des salariés qui travaillent dans un bureau (contrairement à ceux dont l'activité se déroule en extérieur) sont dans un espace collectif ouvert. Et pour la plupart, dans des open-space de moins de 10 personnes. Les grands open-space sont donc encore très loin d’être la norme. 

  • 2Et les coins sieste et espace de détente dont on parle tant ?

    Là encore, les salles de repos ou détente tant vantés s’installent mais sont encore loin d‘être répandus. Seulement 32% des actifs interrogés disposent de ce type d’aménagement. Encore plus chanceux, les salariés dotés d’un jardin ou d’espace verts : ils ne sont que 22%. Et d’ailleurs ils ne sont utilisés que dans 59% des cas. Le seul espace de détente le plus répandu reste le "coin café" (66%). Mais ça... est-ce vraiment nouveau ? 

    Quant aux espaces d’innovations dont on parle beaucoup, tels les espaces de co-working ou les bulles de confidentialité, force est de constater qu’ils  sont très limités : entre 2 et 7% des actifs disposent de ce type d'espace.

  • 3Les salariés veulent-ils vraiment des bureaux partagés ?

    Qu’aimeraient vraiment les salariés si on leur laissait le choix ? Les entreprises militant pour l’open-space ou le bureau partagé en seront pour leurs frais : l’espace de travail idéal serait un bureau fermé, pour près de 6 actifs sur 10 (57%), une préférence marquée, loin devant les bureaux collectifs fermés (39%). Cet idéal est d’autant plus fort qu’ils sont plus âgés (73% des 55 ans et plus) ou qu’ils travaillent déjà dans des bureaux individuels fermés 72%). 

    Ce sont d’ailleurs les actifs qui travaillent en bureau individuel et fermé qui sont le plus heureux : ils affichent le plus fort taux de satisfaction en matière de qualité de vie au travail (85% de satisfaits et 21% de très satisfaits). Dans la même veine, une très grande majorité des répondants (87%) préfère disposer d’un poste attribué. 


    Cependant l’attrait de la nouveauté pointe : 29% ne sont pas contre l'idée d'être dans un espace ouvert, et près de 4 actifs sur 10 (39%) sont ouverts à des postes de travail non attribués. Et ceci, d’autant plus qu’ils sont déjà sans poste attribué (63%). En effet, l'ère des open-space repoussoire semble terminée : ces dernières années, les entreprises semblent avoir travaillé sur le sujet et proposent des bureaux confortables, bien isolés, agréables... qui laissent à penser que travailler en open-space ne serait plus un problème.

  • 4Et le télétravail, si demandé ?

    Là encore, on en parle beaucoup, et c’est d’ailleurs un souhait avancé par les salariés : travailler en télétravail. Un tiers des actifs français travaillant au bureau préfèrerait travailler... uniquement en télétravail ! Dans les faits, ils ne sont que 25% à le faire aujourd’hui (dont 17% seulement une fois par mois). 

    A côté de ça, environ un tiers des actifs sont des "nomades réguliers", qui travaillent tous les jours. dans différents lieux publics : 17% dans des transports en commun, 8% dans des espaces voyageurs, ainsi que dans les bibliothèques publiques. Cependant, ils travaillent surtout à domicile (22%) et dans des locaux de leur entreprise autres que ceux où est situé leur poste de travail principal (19%). Les espaces de coworking, fablab et autres incubateurs d’innovation dont on parle beaucoup, sont encore peu utilisés de façon régulière, respectivement 9% et 6%.    

  • 5De nouvelles habitudes avec la nouvelle génération ?

    Si on se penche un peu plus sur les "tiers-lieux", espaces qui ne sont pas ceux du travail ou de la maison, il apparaît cependant que leur utilisation augmente en flèche. Un quart des actifs travaillant au bureau utilisent ponctuellement des tiers-lieux : 31% les espaces de co-working (contre 15% dans le Baromètre actineo 2015), 23% les fablabs et les incubateurs d'innovation. Un engouement sans précédent, ce nomadisme plaît. D'ailleurs, cette liberté de choisir l'endroit où on veut travailler est nouvelle, revendiquée par 20% des actifs.

    La tendance est sans doute due à un effet de génération. Les utilisateurs des tiers-lieux sont plus jeunes que l’ensemble de l’échantillon (45% ont moins de 35 ans, contre 32% pour le total des actifs travaillant au bureau), et se montrent positifs quant à ce type d’espace de travail : 41% pensent en effet, qu’il doit encourager et améliorer la créativité.

    Mais cette flexibilité offerte en terme d'espace de multiplication des lieux suscite aussi de nouvelles attentes : les actifs attendent maintenant plus de liberté dans l’organisation de leur temps de travail, surtout au niveau de la semaine. Ils sont 55% au bureau à penser que "choisir plus librement l'aménagement de leur temps de travail" serait prioritaire pour leur bien-être et leur efficacité professionnelle ; et 66% quand ils utilisent des tiers-lieux.

Alors que les notions de bien-être et d’épanouissement personnel sont de plus en plus évoqués, la question de l’espace de travail n’est pas (si) anecdotique. Pour les actifs travaillant dans des bureaux, l’espace de travail est même un élément essentiel de leur bien-être : plus de 9 actifs sur 10 travaillant au  bureau estiment que l'espace de travail joue un rôle central pour leur bien-être (95%), leur efficacité (94%), mais aussi leur santé (93%) et leur motivation au travail (92%). Tout ceci, bien avant les relations avec leurs collègues (89%) ou leur hiérarchie (86%). 

> Enquête Sociovision pour Actineo  réalisée en ligne entre le 26 juin et le 10 juillet 2017 auprès de 1200 actifs français travaillant dans un bureau. 

Plus d'articles

Sur le même sujet