Les usagers de la "ligne merdique" Paris-Rouen-Le Havre sont toujours en colère

Les usagers de la "ligne merdique" Paris-Rouen-Le Havre sont toujours en colère

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GROGNE - Début septembre, les usagers de la ligne SNCF Paris-Rouen-Le Havre ont entamé une grève des billets, pour dire leur ras le bol devant les conditions déplorables de leurs transports. Le mouvement, qui a été très médiatisé à ses débuts, continue, et s’élargit.

Début septembre, ils ont fait la tournée des médias. RMC, LCI, BFM… Tous les médias ont parlé de ces usagers de la ligne Paris-Rouen-Le Havre en colère, qui ont lancé la grève des billets. Retards, trains vieillissants, trains supprimés, WC fermés, passagers entassés, pas de clim’ en été ou de chauffage en hiver… Le tout à subir tous les jours, pour aller au travail. Ils en avaient "gros sur la patate", et voulaient le faire savoir. Aujourd’hui, le mouvement est moins médiatisé, mais se poursuit. Avec succès. 

"Ça se passe bien, on est assez soutenu", réagit Valéry Runemberg, un des membres du collectif. Dur de savoir dans la réalité combien de passagers participent à la grève, en montrant au contrôleur un faux billet, estampillé "en grève, ligne merdique". Mais la page Facebook , sur laquelle les usagers racontent leurs anecdotes ou leurs contrôles parfois "aberrants", a bien décollé, dépassant le millier de participants. "On a eu juste un cas d’une personne qui a eu une amende", indique Valéry Runemberg. "Mais on n’incite pas à la fraude : on n’a jamais dit qu’on ne voulait pas payer, on dit qu’on ne veut pas montrer nos billets."

Vers une rencontre avec la SNCF

De leur côté, les contrôleurs semblent en prendre leur parti : "Lors de mon dernier contrôle, l’agent SNCF m’a juste regardé a m’a dit : 'Ça a été vu ?', j’ai dit 'oui'. Il n’a pas insisté." Plus généralement, des échanges informels se sont établis avec les agents SNCF : "Certains viennent voir sur notre page, on discute. On sent un peu le mal-être. Certains nous soutiennent, mais ils ne peuvent pas communiquer officiellement. Ils ont aussi vu que tous les passagers n’étaient pas violents ou agressifs. Il y a une communication, une espèce de solidarité qu’il n’y avait pas avant."

Le mouvement a aussi conforté son ancrage, au niveau national, mais surtout au niveau régional. "On s’est unis avec d’autres collectifs, avec SNCF Vamtuer , des usagers qui veulent retrouver des conditions de transport "normales" dans le Nord-Picardie et les Révoltés de la ligne J ". Le groupe a aussi été approché par des mouvements plus lointains, comme les Naufragés du TER Grasse-Vintimille dans le sud , la SADUR (association des usagers du RER D). "Nous avons les mêmes problèmes, on lance des réflexions communes et on prépare des actions", indique Valéry Runemberg. Actualité politique oblige - les élections régionales approchent à grands pas -, les politiques se sont aussi précipités pour venir écouter les doléances des passagers usés.

Reste qu’en attendant, les résultats concrets ne sont toujours pas là. "Par exemple, le 18h25 est toujours supprimé. Les trains au départ de Paris sont des demi-trains, où s’entasse toute la population de Rouen et de Vernon", explique Valéry Runemberg. "Ça pose des problèmes de proximité, d’exaspération, où tout le monde se rue pour avoir sa place. On arrive chez soi claqué, tard le soir, on mange, on dort, et on repart le lendemain. Ce n’est pas une vie." A force de faire parler de lui, le collectif a tout de même été contacté par la SNCF : une rencontre est prévue le 7 octobre prochain.

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