Les violences en ligne contre les mineurs ont bondi de 57% en 2020

Les violences en ligne contre les mineurs ont bondi de 57% en 2020

DÉCRYPTAGE - Dans un rapport publié mardi, l'association e-Enfance estime que les cyberviolences en France visant les mineurs ont augmenté de 57% en 2020. Une tendance inquiétante accentuée par les confinements successifs.

"Les adolescents, assez vulnérables" ont continué "à vivre en ligne", et "à l'inverse, c'était forcément plus facile" pour les escrocs ou harceleurs de trouver des victimes. La directrice générale d'e-Enfance, Justine Atlan, explique que les restrictions sanitaires instaurées pour lutter contre la pandémie de coronavirus ont largement favorisé les violences en ligne contre les mineurs. Elles ont bondi de 57% lors de l'année écoulée selon le rapport publié ce mardi par son association, qui gère une plateforme d'écoute dédiée à ces phénomènes. "Il y a eu beaucoup de délinquants d'opportunité" notamment durant les deux confinements, précise-t-elle. 

Insultes, chantages, "revenge porn", sextorsion ...

Chantages à la webcam, photomontages dégradants, "revenge porn", "sextorsion", menace ou diffusion de contenu à caractère sexuel sans consentement et injures, insultes... autant de phénomènes ayant explosé chez les mineurs lors de l'année écoulée. Les adolescents âgés de 15 à 17 ans ont été particulièrement touchés. Les jeunes garçons (environ 14 ans) ont aussi régulièrement été victimes d'individus se faisant passer pour des femmes pour les piéger et leur soutirer de l'argent en menaçant de divulguer des vidéos compromettantes. 

De même, les lycéennes de 15-16 ans ont régulièrement souffert de la diffusion de photos ou vidéos à caractères sexuels, associées à tort ou à raison à leurs noms. Parallèlement, l'association a recensé "pas mal d'insultes en ligne". Il n'a pas non plus été rare que des enseignants rapportent des "intrusions" avec des messages injurieux et des "liens vers des contenus pornographiques", sans pouvoir "les réguler".

Les appels de détresse en nette hausse

Autre signal de l'augmentation des violences en lignes : le nombre d'appels sur la ligne "Net Écoute" (0800 200 000, le numéro vert national de protection des mineurs sur internet et d'aide à la parentalité numérique). Lors de l'année écoulée, il s'est élevé à 4.315, contre 2.747 en 2019. Dans le même ordre d'idée, Mme Atlan indique qu'e-Enfance a recensé 12.000 appels sur sa plateforme en 2020, pour des sujets allant de la violation des données personnelles à l'exposition à des contenus choquants en passant par des demandes de conseils de parents sur le temps d'écran des mineurs. 

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Les phénomènes de violences en ligne contre les mineurs se font aussi de plus en plus nombreux à mesure que l'usage des technologies se démocratise chez les publics jeunes. Des données récoltées par ESCAPAD en 2017 révèlent que 99,4% des jeunes de 17 ans possèdent un téléphone portable personnel et 97,6% un ordinateur. 

Selon une enquête EnCLASS, 88 % des lycéens déclaraient aussi surfer sur Internet tous les jours contre seulement 23 % en 2003. Deux indicateurs démontrant à quel point les jeunes deviennent particulièrement familiers avec les appareils connectés, les exposant de facto à davantage de menaces. 

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