L'étude santé du jour : la première patte de rat artificielle de l'histoire

SOCIÉTÉ

Des chercheurs américains ont réussi à recréer une patte de rat artificiel. Une avancée majeure dans le domaine de la médecine régénérative. Explications.

Une équipe de scientifiques américains est parvenue à recréer dans un laboratoire une patte de rat artificielle, partiellement fonctionnelle. Une prouesse scientifique qui laisse déjà entrevoir l'application de nouveaux procédés médicaux, notamment pour les personnes amputées. L'équipe de scientifiques a choisi de concentrer ses travaux, publiés dans la revue Biomaterial, autour de trois axes : les muscles, le système vasculaire et la peau.

Méthodologie : une machine pour fabriquer des organes artificiels
Pour ce faire, les scientifiques de l'hôpital général du Massachusetts (États-Unis) ont mis au point une technique expérimentale permettant de fabriquer des organes en laboratoire. L'expérience s’appuie sur une "décellurisation" suivie d'une "recellulation". 

Autrement dit, cela consiste à prélever le membre d'un animal décédé pour ensuite le débarrasser de toutes ses cellules,,en faisant circuler différents détergents dans les veines et les vaisseaux (et par ce biais de tout marqueur ADN).

Ce que l'étude a montré : les muscles se contractent et le sang circule
Au bout d'une semaine de traitement, les scientifiques ont constaté qu'il ne restait plus que la patte de rat, entourée par une sorte de matrice extracellulaire composée de protéines et de calciums. Petit à petit les cellules ont recolonisé la patte du rat qui s'est progressivement reconstituée.

En appliquant un courant électrique, ils ont constaté que le membre avait retrouvé ses capacités de contraction. Ensuite, ils ont greffé cette patte biologique sur un rat adulte amputé et le sang s’est remis à circuler. Toutefois, l’application de cette découverte n'est pas pour tout de suite, affirment les chercheurs : il manque encore les os, le cartilage et des nerfs.

Ce que l'étude va changer : vers moins de cas de rejet lors d'une greffe
Il faudra donc attendre encore quelques temps avant de voir une application concrète chez l'homme, confirme l'étude. D'autant qu'au final, cette technique ne dispense pas de trouver un donneur. Cependant, elle pourrait permettre à terme de libérer la greffe de toute notion de comptabilité génétique par une régénération du membre à partir de cellules souches propres à chaque receveur. Ce qui limiterait grandement le nombre de cas de rejet.

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