L'homosexualité, une "abomination" ? Christine Boutin reconnaît une "maladresse"

L'homosexualité, une "abomination" ? Christine Boutin reconnaît une "maladresse"

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LGBT - L’ancienne présidente du Parti chrétien-démocrate a reconnu ce vendredi que ses propos qualifiant l’homosexualité d'"abomination" avaient pu blesser. Le jour où une association de défenses des homosexuels a porté plainte contre elle.

Il lui aura fallu dix jours. Après mûre réflexion, Christine Boutin a reconnu vendredi qu'il avait été "maladroit" de sa part de qualifier l'homosexualité d'"abomination" , dans une interview accordée au magazine Charles début avril. "Je n'ai proféré aucune attaque personnelle et regrette que le sens de mon propos ait pu être mal compris, voire blesser. Il n'y avait là aucune intention de porter atteinte à quiconque", assure l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy.

"Suite aux réactions nombreuses qu'ont suscitées les propos que j'ai tenus dans une interview au magazine Charles, j'admets que le mot 'abomination', sorti de son contexte originel et du texte complet prononcé dans lequel il se trouvait, ait été un propos maladroit", développe dans son communiqué l'ancienne présidente du Parti chrétien-démocrate (associé à l'UMP). Une référence à la Bible, dans laquelle le mot se trouve effectivement et derrière laquelle elle s'était retranchée dans un premier temps.

"C'est une attaque contre les homosexuels"

"Regardez dans les textes, dans l’Ancien Testament, c’est le mot 'abomination' qui est pris ", expliquait-elle ainsi sur Radio classique le 3 avril. Oubliant au passage que le Lévitique (puisque c'est de cette partie de la Bible qu'il est question) n'est pas toujours à prendre au pied de la lettre. Sauf à considérer, par exemple, que l'adultère doit "être puni de mort". Ce que Christine Boutin ne pense évidemment pas, elle qui dans la même interview prenait la défense de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire Nafissatou Dialo, en des termes pour le moins surprenants : "Qu’est-ce qu’il y a d’extraordinaire à ce que DSK saute une fille ? Je pense qu’il en a sautées pas mal".

Coïncidence ou pas, l'ex-ministre rétro-pédale le jour même où l'inter-LGBT (association qui représente les lesbiennes, gays, bisexuels et trans) a déposé plainte vendredi à Paris contre elle pour l'utilisation de ce mot. "C'est une attaque contre les homosexuels. Nous attendons de la justice qu'elle ne cautionne pas de tels propos car cela reviendrait à cautionner l'homophobie", a déclaré Nicolas Rividi, porte-parole de l'Inter-LGBT. "C'est quelqu'un qui tient ce genre de propos depuis quinze ans. Elle ne peut pas ignorer sa responsabilité. Qu'elle assume la croisade personnelle qu'elle mène contre les homosexuels", a-t-il poursuivi.

Si Christine Boutin assume bien une croisade, c'est en tout cas contre "le mouvement LGBT" qui, accuse-t-elle dans son communiqué, dépose plainte pour poursuivre "son combat contre toutes les valeurs de promotion de la famille et de la défense du plus fragile, en l'occurrence l'enfant, que je porte indéfectiblement en politique depuis toujours". Sans expliquer ce que le mot "abomination" apporte aux plus fragiles.

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