"Liberté d'importuner" : un collectif de féministes réplique à la tribune de femmes publiée dans Le Monde

"Liberté d'importuner" : un collectif de féministes réplique à la tribune de femmes publiée dans Le Monde

RÉPONSE - Après la tribune publiée mardi dans Le Monde au sujet de la "liberté d'importuner", des féministes montent au créneau ce mercredi pour dénoncer sur Francetvinfo ce que demandent ce collectif de 100 femmes, dont Catherine Deneuve. Elles qualifient notamment le texte de "mépris" pour les victimes.

Forcément, cette tribune allait faire grincer des dents. A contre-courant de ce qui se passe en ce moment, un collectif d'une centaine de femmes a publié mardi une tribune dans Le Monde pour "défendre" la "liberté d'importuner" des hommes,  si "indispensable à la liberté sexuelle", et s'opposer à la "campagne de délations" apparue après l'affaire Weinstein. Parmi les cosignataires, figurent l'actrice Catherine Deneuve, l'auteure Catherine Millet ou encore la rédactrice en chef de la revue Causeur, Elisabeth Lévy.


Une tribune qui n'allait pas rester sans réponse. Après de premières réactions déjà virulentes dès mardi, notamment sur les réseaux sociaux, des militantes féministes accusent ce mercredi matin les signataires de mépriser les victimes, dans un texte publié sur FranceTVinfo. Ecrite par Caroline de Haas et cosignée par une trentaine de femmes  -les journalistes Lauren Bastide et Giulia Foïs, la présidente des Chiennes de garde Marie-Noëlle Bas, la psychiatre Muriel Salmona ou de nombreuses militantes associatives-, cette réponse dénonce, entre autres, ce qu'elles estiment être un mélange des genres entre de la drague lourde et du harcèlement.

Cette tribune, c'est un peu le collègue gênant ou l'oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passerLa réponse des militantes féministes à la tribune cosignée publiée dans "Le Monde"

"Dès que l'égalité avance, même d'un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu'on risquerait de tomber dans l'excès. L'excès, nous sommes en plein dedans (...) En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour", écrivent Caroline de Haas et ses co-signataires.


Pour ces féministes,  "les signataires (ndlr : de la tirbune de mardi) mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence". "Cette tribune, c'est un peu le collègue gênant ou l'oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer", poursuivent-elles. 

Des récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d'apologie du violLa réponse des militantes féministes à la tribune cosignée publiée dans "Le Monde"

Dans ce texte, elles affirment également que la plupart des personnalités cosignataires de la tribune publiée dans Le Monde, sont des "récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d'apologie du viol". Elles regrettent qu'elles "utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles" et "méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences". 


"Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n'y arriveront pas", poursuivent les signataires de cette "contre-tribune", en concluant que "les porcs et leurs allié.e.s ont raison de s'inquiéter. Leur vieux monde est en train de disparaître", disent-elles. 

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