Licences de taxi : pourquoi coûtent-elles si cher ?

Licences de taxi : pourquoi coûtent-elles si cher ?
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CONCURRENCE – Les taxis se mobilisent de nouveau mardi à Toulouse, mécontents de la concurrence qu’ils jugent déloyale des VTC. Contrairement à ces derniers, les taxis doivent acheter une licence pour travailler. Parfois à prix d’or.

Deuxième journée de mobilisation à Toulouse. Les chauffeurs de taxis toulousains bloquent toujours les principaux axes de la Ville rose et l’aéroport de Blagnac. Ils contestent la concurrence des VTC, qui n’ont pas besoin d’une licence pour exercer leur profession.

Lundi, le gouvernement a annoncé faire un geste en rachetant les licences cessibles aux chauffeurs qui le désirent. Le prix d’une licence de taxi se chiffre en moyenne à plusieurs dizaines de milliers d’euros - hors intérêts de l’emprunt pour l’acquérir. Mais au fait, pourquoi coûtent-elles si cher ?

► A la base, les licences sont gratuites
Un chauffeur peut obtenir une licence gratuite en s’inscrivant sur une liste d’attente de la commune où s’exerce l’activité, lorsque de nouvelles autorisations sont délivrées. Or, le délai d’attente peut s’avérer particulièrement long : jusqu’à 15 ans, selon  Le Figaro . Le précieux sésame est délivré en fonction de l'ordre chronologique d'enregistrement des demandes sur la liste. Chaque commune - ou le préfet de police de Paris pour les "taxis parisiens" - fixe le nombre de licences qu’elle délivrera.

 Un prix qui obéit à la loi du marché
Du coup, face à cette interminable attente, un marché de vente et de rachat de licences entre taxis s'est organisé. Il n’y a, dans ce cas-là, pas de prix fixe réglementé. La valeur des licences de taxis obéit mécaniquement à la loi de l’offre et de la demande. Dans la capitale par exemple, elle est de plus de 200.000 euros en moyenne. A Nice, ville la plus onéreuse, le prix est de 300.000 euros environ. Avec l’arrivée des VTC sur le marché, les taxis déplorent une baisse du prix des licences – perdant ainsi de la valeur à leur revente, et alors même que ces chauffeurs se sont lourdement endettés pour les acquérir.

► Une revente réglementée
La revente de licence permet bien souvent au chauffeur de partir plus confortablement à la retraite. Les licences sont revendables au bout de 5 ans si elles ont été elles-mêmes rachetées, ou au bout de 15 ans si elles ont été acquises gratuitement en mairie. Les licences accordées depuis le 1er octobre 2014 ne sont pas revendables, explique l'Etat sur le site du service public

In fine, malgré l’arrivée des VTC sur le marché qui a fait baisser le revenus des chauffeurs et le prix des licences, celui-ci demeure élevé du fait de sa rareté. Le numerus clausus imposé par les communes limite le nombre de taxis en circulation et les licences font alors l’objet d’enchères qui font monter les prix.

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