Lille : un an de prison requis contre le libraire qui a exposé un drapeau de Daech

Lille : un an de prison requis contre le libraire qui a exposé un drapeau de Daech

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JUSTICE - Le parquet a requis ce lundi devant le tribunal correctionnel un an de prison ferme et cinq ans d'interdiction d'exercice d'activités commerciales pour apologie du terrorisme contre le libraire qui avait exposé un drapeau de l'organisation islamiste Daech dans la devanture de son magasin, à Lille.

C'est un automobiliste qui avait alerté la police. Circulant sur une artère importante de Lille, il avait remarqué le drapeau noir dans la devanture de la librairie orientale El Azhar. En arrivant sur place, la police a pu constater qu'il s'agissait du drapeau de Daech, l'organisation islamiste qui s'adonne depuis plusieurs mois à des atrocités au Moyen-Orient . Et la provocation du libraire ne s'était pas arrêtée là. Quand les policiers lui avaient demandé de décliner son identité, il avait répondu : "Je suis Ben Laden", puis "les barbus vont vous vaincre, inch'Allah".

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Ce lundi au tribunal correctionnel, le parquet a requis contre le provocateur un an de prison ferme et cinq ans d'interdiction d'exercice d'activités commerciales. Une demande de sévérité justifiée par le fait que "monsieur est commerçant et que les actes reprochés sont jugés plus graves que pour la personne qui ferait des actes d'apologie dans le cadre d'un état d'ébriété", a indiqué Me Charles Cogniot, avocat du prévenu.

Le libraire interrogé sur les attentats de janvier

Mais pour la défense, "il y a confusion qui a été faite entre le drapeau religieux qui était exposé en devanture du magasin et des drapeaux idéologiques". L'avocat ajoutant que "normalement le drapeau de Daech c'est sur fond noir avec des inscriptions blanches, là c'était l'inverse". 

"Est-ce que toutes les personnes qui détiennent un drapeau corse font l'apologie d'actes de terrorisme" parce que les indépendantistes qui commettent des attentats brandissent le même drapeau, s'est interrogé Me Cogniot. Questionné par les policiers sur les actes terroristes qui ont secoué la France en janvier, le libraire avait dit "condamner tous les gens qui assassinent". Son avocat a plaidé la relaxe et le jugement a été mis en délibéré pour le 9 février.

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