Limay : comment l’affaire du jogging a fait passer une semaine mouvementée au lycée Condorcet

Limay : comment l’affaire du jogging a fait passer une semaine mouvementée au lycée Condorcet

T'AS LE LOOK COCO - A la suite d’un article de presse mentionnant le fait que le lycée Condorcet de Limay interdisait le port du jogging sous peine de retenue, l’établissement a vécu une semaine agitée. Explications.

La petite phrase du règlement agitait depuis des semaines le lycée Condorcet, à Limay (Yvelines). Et cela a fini par exploser, lundi, à la suite d’un article dans Le Parisien. Depuis la rentrée, l’établissement interdit le port du jogging aux élèves, sous peine de colle.  Quelques jeunes en ont déjà fait l’expérience. Et une maman d'une "victime", énervée, a appelé le Parisien, qui a donc publié un article, lundi matin. Et tous les médias (dont LCI) ont enchaîné et ont repris l’histoire. 

Pourquoi cette interdiction de jogging ? Et quel est son intérêt ? Elle est en fait présentée dans le règlement intérieur de l’établissement, voté et validé au printemps dernier par le Conseil d’administration. Ce règlement rappelle notamment les règles en matière de "comportement et tenues". Il déroule, entre autres, les principales règles de l’Education nationale : les élèves doivent adopter un comportement et une tenue vestimentaire "décents", ne pas avoir de tenue destinée à dissimuler leur visage. Mais le paragraphe qui suit est plus clivant : "Une journée par semaine, la tenue professionnelle est obligatoire pour les élèves inscrits dans les sections professionnelles et le port du jogging est interdit". La suite est claire : tout élève qui n’aurait pas une tenue adaptée "sera dirigé vers le bureau de la vie scolaire" et retenu un mercredi après-midi.

Les enseignants défendent leur règlement

Ce règlement intérieur a donc été examiné et validé au printemps dernier par le Conseil d’administration, qui regroupe des représentants des parents d’élèves, des élèves, des professeurs, de l’administration. "Nous étions contre depuis le début et avions choisi de ne pas le voter", explique à LCI Caroline Marie-Rose, représentante de la FCPE (Fédération des parents d’élèves) au lycée de Limay. "On se doutait que ça allait poser problème". En septembre, la FCPE interpelle donc l’Académie de Versailles sur le sujet. Elle demande et obtient un rendez-vous avec le rectorat, qui a eu lieu le mercredi  5  octobre. "Ils ont reconnu que l’application faite avait été totalement différente de ce qui était stipulé dans le règlement, que cela leur semblait illégal et qu’ils allaient contacter leur service juridique et en parler avec le lycée", explique la délégué. La mesure était donc déjà bien dans le viseur du rectorat.

Sauf que  pendant le week-end qui suit, la maman d’une fille collée pour port de jogging a donc alerté Le Parisien. Aussitôt, les les médias ont débarqué au lycée, interrogés élèves, parents, recteur. Face à la polémique, la direction du lycée ne répond plus et renvoie sur l’académie. 

Eviter la stigmatisation

Une petite bronca médiatique, qui a fait monter l’ambiance au lycée. Lundi-après-midi, un groupe Facebook a été lancé parmi les élèves, appelant à "venir en jogging au lycée pour faire autorisé (sic) le jogging". A la suite à cet appel, le mardi matin, une soixantaine de jeunes se sont pressés devant les grilles, vêtus du pantalon de sport emblématique. La goutte de trop sans doute pour les professeurs présents, qui sont, eux aussi, montés au créneau. Pendant deux heures, ils ont cessé les cours pour exercer leur "droit de réserve". Ils ont rédigé un "droit de réponse" lu aux élèves : "La communauté enseignante s’insurge contre une couverture médiatique excessive et partiale donnée à un point du règlement intérieur de notre lycée adopté démocratiquement en conseil d’administration", dénoncent-ils.  

Ils justifient également le point du règlement mis en cause : "L’objectif de cette interdiction est éducatif", estiment-ils. "En effet, les élèves de banlieue sont souvent stigmatisés du fait de cette tenue. Il ne s’agit en aucun cas de restreindre les libertés individuelles." Et rappellent que "si ce règlement doit être changé, cela ne peut se faire que dans le cadre légal d’un nouveau Conseil d’administration, et non à la suite d’une intervention intempestive de journalistes partiellement informés, et de quelques parents en désaccords."

Une agitation "regrettable", estime, au final Caroline Marie-Rose de la FCPE. "Les parents sont pris pour des agitateurs, alors que nous n’y sommes pour rien. Depuis le début, nous avons fait remonter les informations de manière organisée, par mails et courriers. Le terrain est miné pour les discussions. C’est dommage".  D’autant, rappelle la FCPE des Yvelines, que le sujet n’est vraiment pas la principale bataille des parents. "La plupart de ceux  qui nous appellent se plaignent plutôt du manque criant de professeurs."

Reste que le lycée n'est pas le premier, ni le seul, à interdire certains vêtements aux élèves. Ainsi, à Fontainebleau, en Seine-et-Marne, les élèves du lycée Couperin bataillent pour garder le droit de porter des jeans troués et des joggings, eux aussi interdits depuis le début de l'année.

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