Limitation à 80 km/h : les préfets ont déjà reçu une note pour argumenter en faveur de la mesure

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AUTOMOBILE - Alors que la décision de baisser la vitesse sur les routes doit être officialisée en janvier prochain, une note de la Sécurité routière a été adressée aux préfets et détaille tous les éléments favorables à une baisse des limitations sur les routes.

Depuis que le gouvernement a annoncé son intention de baisser la vitesse sur les routes bidirectionnelles de 90 à 80 km/h, le débat fait rage entre partisans et opposants. Mais ce qui n’était qu’une simple "piste à l’étude" semble déjà avoir été tranchée, si l’on en croit une note adressée aux préfets la semaine dernière et révélée ce mercredi par le site spécialisé site moto-net.com. Ledit document, dont l’existence a été confirmée par nos confrères du Parisien/Aujourd’hui-en-France, énumère les arguments à mettre en avant pour justifier la mise en place d’une telle disposition. 


Parmi les avantages avancés par la Sécurité routière dans cette note, on trouve, en premier lieu, la mortalité routière, détaille le quotidien : "Avec plus de 1000 morts par an", les excès de vitesse sont la première cause de décès au volant, et cette mesure permettrait selon le gouvernement d’orienter "durablement la courbe de la mortalité routière à la baisse" ;  une "distance d’arrêt passant de 81 mètres à 64 mètres", une "nette diminution des vitesses constatées" là où la mesure a été expérimentée, ou bien encore "pas de bouchons supplémentaires" et jusqu’ "à 30 % d’émissions polluantes en moins".

L’association 40 millions d'automobilistes, très largement opposée à cette réforme, s'est rendue au mois de décembre à Vesoul (Haute-Saône), sur la RN 57, l'une des trois portions de route où la limitation de vitesse a été abaissée à 80 km/h au lieu de 90 km/h auparavant. "Le but de l'expérimentation était de pouvoir comparer deux situations comparables : faire un état des lieux de l'accidentalité routière avant la phase de test et réaliser un bilan après l'expérimentation de la baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h", explique l’association dans un communiqué, avant de citer un résident : "Le 80 est une aberration ! Le trafic a été ralenti, donc les gens doublent, les camions derrière s'impatientent parce qu'ils ont des délais à respecter... Je trouve que c'est encore plus dangereux qu'avant", signale un habitant, cité dans ce communiqué. 

Un pas de plus en faveur de cette mesure dont le but est pourtant de faire consensus. Le gouvernement doit officiellement annoncer sa décision en janvier, et le Premier ministre Edouard Philippe a redit ce mardi son attachement à cette mesure en répondant sans ambiguïté à la question d’un député à l’Assemblée nationale. "Si, y compris en prenant des mesures impopulaires, nous sommes en mesure de préserver 300 vies l’année prochaine et au moins autant les années suivantes, nous nous retrouverons à la fin de ce quinquennat et nous pourrons dire que nous avons œuvré utilement pour la collectivité", a-t-il déclaré devant les députés.

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