Limitation à 80km/h : les opposants rappellent que Macron n'y était "pas des plus favorables"

COUAC - Après Gérard Collomb, qui a invoqué jeudi un "joker" alors qu'il était interrogé sur la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires, c'est au tour de Michel Raison de créer des remous. Le sénateur LR affirme que le président lui-même n'était pas favorable à cette mesure.

La limitation de vitesse à 80km/h sur les routes n'en finit pas de créer la polémique. Cette mesure diviserait même jusqu'au sommet de l'Etat. C'est en tout cas ce que croit savoir Michel Raison. "Le Président de la République n'était pas des plus favorables", affirme le sénateur Les Républicains de la Haute-Saône, au micro de LCI. "Je n'ai pas très bien compris pourquoi le Premier ministre s'entêtait sur le sujet." Et d'ajouter : "Plus on y réfléchit, plus on écoute, plus on entend, plus on regarde ce qui se passe dans les autres pays, plus on est conscient - on ne détient jamais la vérité - mais on est conscient que c'est une erreur assez grave."

Une mesure déjà en sursis

Michel raison n'est pas le seul à souligner ce revirement. Denis Astagneau, membre de "40 millions d'automobilistes", se souvient lui aussi que "le Président de la République, quand il était encore candidat [...] s'est prononcé contre cet abaissement des vitesses à 80km/h. Bon, il a oublié cette promesse de campagne", a-t-il regretté ce vendredi sur le plateau de LCI.


Emmanuel Macron n'a évidemment pas confirmé ces dires. Interrogé sur ce point lors d'un entretien télévisé sur TF1, en avril, il avait dit entendre les "coups de sang" et les "énervements" et tenu à rassurer les Français, en faisant une annonce refrénant les ardeurs de son Premier ministre, en première ligne sur cette mesure. Au terme de deux ans d'expérimentation, celle-ci serait abandonnée si elle n'avait "pas d'efficacité" reconnue. Le Président avait également mis en avant, pour devancer les accusations venues des opposants à la mesure selon lesquelles la limitation serait une "pompe à fric", que l'argent perçu par le biais de ces nouvelles amendes serait affecté aux "hôpitaux qui soignent les blessés de la route".

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Interrogé sur la limitation à 80 km/h, Gérard Collomb "prend un joker", Edouard Philippe évoque "un enjeu de sécurité publique"

Le gênant "joker" de Collomb

Cette nouvelle mesure, applicable dès le 1er juillet sur 400.000 kilomètres de routes, a en tous cas bien du mal à se faire accepter. Jeudi soir, le ministre de l'Intérieur lui-même a botté en touche. Invité à s'exprimer sur cette nouvelle limitation de vitesse, Gérard Collomb a répondu qu'il prenait "un joker sur la question". Une sortie qui lui a valu un rappel à l'ordre ce vendredi de la part du chef du gouvernement.


"L'ensemble du gouvernement est mobilisé" pour défendre les 80 km/h, a répliqué le Premier ministre Edouard Philippe lors d'un déplacement à Strasbourg. Il s'est dit "prêt à assumer" l'"impopularité" de la mesure. "Réduire le nombre de morts et de blessés sur les routes françaises est un véritable enjeu de politique publique", a-t-il ajouté.

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