Trois des meilleurs bars à cocktails du monde se trouvent à Paris, nous les avons testés

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ON A TESTÉ - Depuis quelques années, le cocktail revient en force dans la capitale française. Elle est devenue l'une des principales scènes mondiales de la mixologie. Cette année, trois bars parisiens ont d'ailleurs été nommés au top 50 des meilleurs établissements 2017. LCI est allé les visiter.

Ils sont Parisiens et ils font partie des meilleurs bars à cocktails du monde. Le Little Red Door, le Candelaria et le Syndicat ont respectivement été classés onzième, dix-neuvième et trente-quatrième du dernier World’s 50 Best Bar 2017. Alors que le cocktail fait son grand retour en France, et plus particulièrement dans la capitale, LCI a voulu tester ces hauts lieux de la mixologie.

Le Little Red Door, 11e au classement

A quelques pas de la place de la République, dans la rue Charlot, une petite porte rouge. Encadrée de rayures noires et blanches, elle n’est signalée par aucune enseigne. Pourtant, c’est bien à cet endroit que se niche le Little Red Door. Lorsque l’on pousse la porte latérale (la porte rouge n’est en fait que décorative), c’est d’abord la pénombre qui nous enveloppe. Les murs de la salle, toute en longueur, sont habillés de pierres et de briques, peu éclairés. Le décor est proche des légendaires speakeasy américains. L'ambiance est intime et chaleureuse. 

Sur un air d’Edith Piaf ou sur un morceau de rap américain, les clients sirotent paisiblement leurs cocktails, enfoncés dans des canapés Chesterfield. Sur le côté droit, un bar où la lumière transparaît au travers des bouteilles et flacons. Deux barmen s’affairent. L’un d'eux, Louis, nous présente la carte. Entièrement inspirée des différents mouvements architecturaux. Chaque double page est ainsi dédiée à un cocktail, tantôt nommé "Minimalisme", tantôt "Art nouveau". Sur la page de gauche, le nom du breuvage et ses ingrédients. Sur la page de droite, une représentation graphique du mouvement architectural en question. Les prix ? 15€ environ. 


Assis face au bar, nous commençons par le Modernisme. Elaboré avec du gin, du citron, des noix tigrées et un soupçon de champagne, il est servi dans un verre directement inspiré du style architectural, évasé et doté d’un pied haut et fin. Un glaçon imposant et cabossé, surplombé de petites feuilles d’oxalys (un trèfle violet), est déposé au milieu du cocktail, d’une élégance simple. En bouche, la boisson est acidulée et fraîche. La décoration végétale, elle, apporte une petite note de pomme verte une fois croquée.

Conquis par cette première dégustation, nous nous laissons tenter par le Brutalisme. Présenté dans un verre aux allures de cylindre en béton, il est agrémenté d’un bouquet de gypsophiles (petites fleurs blanches) frites. L’allure est étonnante. Les saveurs le sont tout autant. Fait entre autre avec du Saint Germain, du Martini oxydé et du Mezcal, le cocktail s’impose comme une boisson de caractère aux notes de vin cuit. Les gypsophiles, elles, apportent une touche gourmande. Sucrées, grasses et croustillantes, elles rappellent les bons vieux beignets.

Malgré l'envie de continuer à explorer cette carte hors du commun, nous filons au Candelaria, à quelques minutes de marche seulement.

La Candelaria, 19e au classement

Au premier abord, rien n’indique la présence de La Candelaria. Pour cause, le numéro 52 de la rue Saintonge est occupé par un minuscule bar de tacos. Les sourcils froncés, les clients néophytes entrent d’un pas hésitant, commandant parfois un cocktail à la gérante de cette petite salle claire où se mélangent les odeurs de cuisine. Un sourire en coin, elle leur indique alors une porte blanche située au fond de la salle.

La poignée actionnée, nous débouchons avec quelques autres clients sur une salle tamisée, où les bruits de shakers se mêlent au brouhaha des conversations. Dans cette salle bondée aux pierres apparentes, quelques fourrures tapissent les murs, rehaussant la chaleur du lieu. À la lueur de bougies, les clients sirotent des cocktails aux allures éclectiques. Les tarifs, eux, sont similaires au Little Red Door. Aux alentours de 15 euros.


Installés dans une salle annexe à celle où se trouve le bar, dont une baie vitrée donne sur la nuit d'hiver parisienne, nous commandons la Guêpe Verte, l'un des cocktails emblématiques de ce lieu aux inspirations mexicaines. À base de Tequila, le breuvage est légèrement épicé et rafraîchissant, notamment grâce à une pointe de coriandre et de menthe, ainsi qu'à sa tranche de concombre, décorative et gustative. Juste ce qu’il faut pour trouver le courage d’affronter la fraîcheur extérieure et d’enchaîner sur le Syndicat, troisième bar parisien figurant au classement.

Le Syndicat, 34e au classement

Au Syndicat, situé 21 rue du Faubourg Saint-Denis, les clients sont plutôt branchés et pour beaucoup étrangers. L'intérieur du bar, qui a cette fois pignon sur rue, est plutôt moderne, urbain. Différents espaces sont délimités avec des rideaux dorés très bling-bling, qui se détachent des murs blancs couverts de graffitis. Avec son mobilier contemporain et sa bande son teintée de sonorités rap, le bar se rapproche par son ambiance des établissements branchés berlinois.

Après avoir examiné la vaste carte où le prix des boissons tourne aux alentours de 14 euros, nous choisissons le Rhum my Bell. Un cocktail au whisky et sirop de Coca-Cola maison. Arrivée sur notre table, la boisson est présentée de façon décomposée. Dans un verre à whisky, un fond de sirop. Dans deux bouteilles miniatures reprenant la forme des bouteilles de Coca-Cola, une eau pétillante citronnée et sucrée et du whisky. "Vous dosez comme vous voulez. En fait, c'est vous qui faites votre cocktail", nous explique la serveuse. Étonnant. 

Une fois nos ingrédients mixés, le résultat est satisfaisant, mais loin d'être original. Un peu déçus, nous commandons alors un autre cocktail : le Café Germain. Liqueur Saint-Germain, sirop de pêche et poivre composent entre autres cette boisson fruitée et estivale. Un bon rattrapage.

Exotiques, urbains ou classiques, ces hauts lieux de la mixologie française ont chacun su nous séduire par leur personnalité. Les cartes, souvent assez travaillées, nous ont fait découvrir des cocktails la plupart du temps hors du commun et harmonieux. À essayer sans plus tarder !

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