Manifestation contre la loi "sécurité globale" : enquête ouverte après la blessure d'un photographe

Ameer al-Halbi, photographe blessé lors de la manifestation contre la loi "sécurité globale" et les violences policières. Photo prise le 29 novembre 2020.

CONTROVERSE - Le parquet de Paris a ouvert ce lundi une enquête en "recherche des causes des blessures" subies par le photographe syrien Ameer al-Halbi. Ce collaborateur de l'AFP et de Polka dit avoir été blessé par un policier lors des mouvements de contestation samedi dernier.

"Nous sommes choqués par les blessures infligées à notre collègue Ameer al-Halbi et nous condamnons cette violence non provoquée". Dimanche, Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'AFP, était monté au créneau pour dénoncer le traitement du photographe  Ameer al-Halbi lors de la manifestation de la veille. Une sortie qui n'est pas restée sans effet puisque le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête pour éclaircir les conditions de survenance de la grave blessure au visage du photographe âgé de 24 ans installé en France depuis trois ans. Le dossier a été confié à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) alors qu'un coup de matraque d'un fonctionnaire de police pourrait être en cause.

"Les policiers sont arrivés et je me suis retrouvé au sol"

Selon l'AFP et le principal intéressé, Ameer al-Halbi aurait pris "des photos de policiers qui étaient en train de frapper quelqu'un" lors des échauffourées en fin de manifestation place de la Bastille. Quelques minutes plus tard, "les policiers sont arrivés et d'un coup je me suis retrouvé au sol, je ne me suis pas rendu compte de ce qui s'est passé. Je pense que c'était un seul coup. Les gens m'ont marché dessus puis quelqu'un m'a aidé", raconte ce photographe vainqueur en 2017 du 2e prix de la catégorie "Spot News" après sa couverture du conflit syrien. Il a aussi précisé ne pas avoir son "équipement de protection, confisqué par la police pendant une manifestation de Gilets jaunes".

Une "atteinte au droit de l'information"

Le lancement de cette procédure juridique découle d'une importante levée de boucliers de la part de plusieurs organismes depuis samedi, date de survenance de l'agression présumée. Le syndicat SNJ-CGT de l'AFP exige ainsi "non seulement des excuses des forces de police mais aussi du ministre Darmanin qui s'était jusqu'à présent contenté de fustiger les auteurs d'agressions de policiers, tout comme en guise de signe d'apaisement le départ du préfet Lallement".  

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La commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP) a, elle, fait part de son "indignation face à de tels faits (...)" et "dénonce ces atteintes au droit à l'information, inacceptables dans notre démocratie". Elle s'inquiète également "des textes de lois votés ou en préparation sur ces sujets et du risque qu'ils font peser sur la liberté de la presse", une référence claire au texte de loi "sécurité globale". Parallèlement, Reporters sans frontières avait sobrement dénoncé des "violences policières inacceptables".

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