Loi Travail : "700 casseurs à Rennes", vraiment ?

Loi Travail : "700 casseurs à Rennes", vraiment ?
SOCIÉTÉ

RENNES - Les tensions montent entre manifestants et forces de police. Ce samedi 14 mai, une manifestation contre les violences policières, interdite par la préfecture, a réuni plusieurs centaines de personnes. Tous casseurs ?

Ce samedi 14 mai, à Rennes, se tient une manifestation contre les violences policières, sur l'esplanade Charles de Gaulle. Manifestation interdite par la préfecture : "On ne les laissera pas manifester, cette manifestation n'aura pas lieu. On fera respecter la loi.", avait martelé devant la presse Patrick Dallennes, préfet intérimaire et préfet délégué pour la zone de défense et de sécurité ouest.

Patrick Dallennes avait même conseillé aux Rennais "d'éviter le centre-ville", où 700 manifestants étaient attendus, rapidement devenus "700 casseurs" à la Une des journaux.

Une manifestation de casseurs ?

"Des allégations ridicules", pour Hugo Poidevin, membre de l'Union des étudiants communistes et participant à l'équipe médicale qui agit sur les manifestations. Présent au rassemblement, il nous décrit, vers 13h30, les "casseurs" : "On doit être 200 ou 300, surtout des étudiants. Il y a de la musique, les gens discutent, mangent. Un rassemblement normal." En guise de violences, quelques affrontements sporadiques, bien vite dispersés.

Elouen Le Gallo, étudiant et participant à Nuit debout Rennes, reconnaît tout de même une nouveauté : "Les manifestations sont de plus en plus spontanées. Les gens n'attendent pas qu'il y ait un appel officiel d'une organisation". Du coup, pas de service d'ordre. Il est donc plus difficile de contenir les manifestants, mais Nuit debout Rennes s'efforce à "rester groupé" et refuse toute "incitation à la violence", nous explique Elouen Le Gallo. 

EN SAVOIR + >>  L'étudiant éborgné à Rennes porte plainte contre X

Depuis le mois de mars, l'équipe médicale de Rennes a comptabilisé 259 blessés parmi les manifestants, dont 43 graves. Le problème, c'est que pour que pour que la préfecture fasse mention de ces blessés, ceux-ci doivent porter plainte . Et "beaucoup n'osent pas, concède Hugo Poidevin, par peur des représailles". Il évoque un "festival d'actes policiers illégaux" depuis le début des manifestations à Rennes, où même le matériel de l'équipe médicale a été confisqué par la police ce samedi. Face à tout cela, il a décidé de manifester aujourd'hui.

Pourquoi tant de violence ?

Selon Hugo Poidevin, les affrontements entre manifestants et policiers ont deux racines : "Les violences sociales du gouvernement et la présence policière démesurée". Elouen Le Gallo nous raconte avoir vu des policiers arriver en provenance de Mont-de-Marsan (Landes) : "Ils étaient épuisés, certains ne savaient même pas qu'ils étaient à Rennes". Tous les deux l'admettent, des deux côtés, la situation est intenable et "les médias ne parlent que de la casse, pas des raisons de cette violence".

Aux dires d'Elouen Le Gallo, "pour l'instant, niveau violences, ça pourrait être pire. Et ça va être pire si rien ne change." Sous-entendu, si le gouvernement continue à gérer les manifestations de cette façon. Mais pour ça, Hugo Poidevin, qui était venu en aide à l'étudiant éborgné, redoute qu'il ne faille attendre un drame : "Il y aura un mort et ce sera uniquement de la faute de Bernard Cazeneuve".

A LIRE AUSSI
>> 
Loi Travail : un vent de violence fait de nombreuses dégradations à Rennes
>> 
Loi Travail : la police déloge les occupants d'une salle municipale à Rennes
>> 
Loi Travail : l’étudiant rennais qui a perdu un œil témoigne

Sur le même sujet

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent