Loi Travail, grèves, blocages, CGT : que pensent vraiment les Français ?

Loi Travail, grèves, blocages, CGT : que pensent vraiment les Français ?

OPINION PUBLIQUE - Au début du mouvement de contestation, les Français se disaient largement opposés à la réforme du code du Travail. Aujourd'hui, ce n'est plus tout à fait le cas. Pourtant, ils soutiennent toujours autant les manifestants... Décryptage d'une contradiction à la française.

Match de popularité... ou d'impopularité. Si les opposants à la refonte du Code du travail bénéficient toujours du soutien d'une grande majorité de Français, ce n'est pas le cas pour le secrétaire général de la CGT. Philippe Martinez est pourtant devenu le leader de la contestation en engageant un bras de fer avec le gouvernement, appelant à la généralisation de la grève. L'opinion publique peut donc sembler contradictoire. Sans compter que si, dans un premier temps, plus de sept Français sur dix se disaient favorables au retrait du texte, ce n'est plus tout à fait le cas aujourd'hui. Explications.

 De moins en moins de Français opposés à la loi Travail ?
Les Français restent opposés à la loi El Khomri. Mais il semble qu'ils soient de moins en moins nombreux à exiger son retrait. Alors qu'ils étaient sept Français sur dix à se dire contre la réforme du Code du travail il y a deux mois, ils ne sont plus que quatre sur dix aujourd'hui, selon un sondage Ifop réalisé pour Le Journal du dimanche.

Fin mars, en effet, 71% des Français se déclaraient opposés à cette grande dernière réforme sociale du quinquennat de François Hollande,  selon un sondage Odoxa pour  Le Parisien , contre 45% aujourd'hui, selon le JDD. Pourtant, le gouvernement reste ferme sur sa position.  "Il n'y aura pas de retrait du projet de loi", a martelé à plusieurs reprises Manuel Valls quand le chef de l'Etat affirmait : "Je ne céderai pas".

Comment, dans ce cas, expliquer l'infléchissement de l'opposition au texte ? Quel impact ont pu avoir dans l'opinion publique les grèves et blocages qui se sont traduits temporairement par une pénurie de carburant ? Et que dire des violences qui ont émaillé les dernières manifestations alors qu'une majorité de Français continue de soutenir la mobilisation contre le texte El Khomri ?

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 Le mouvement de contestation toujours aussi populaire
Car cela peut paraître contradictoire, mais la part des Français soutenant le mouvement de protestation n'a globalement pas changé entre fin mars ( 56% ) et  mi-mai, juste avant la septième journée d'action. Il y a encore quelques jours,   selon une étude Ifop réalisée pour RTL , 62% des Français estimaient que le mouvement de contestation était justifié.

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Ce soutien aux grévistes et aux protestataires s'explique sans doute par l'impopularité historique de l'exécutif et un sentiment de ras-le-bol face aux restrictions budgétaires. Une équation qui pourrait se résumer ainsi : ceux qui s'opposent à ce gouvernement impopulaire bénéficient d'un regain de popularité.

Le chef de l'Etat et son Premier ministre comptaient certainement sur la galère causée par les grèves et les blocages pour bénéficier du soutien de l'opinion publique. Ça n'aura pas marché. Pour le moment... Car ils pourraient en bénéficier si le mouvement venait à s'enliser sur la durée. Comme en 1995, lorsque le pays avait été paralysé par les grèves contre la réforme des retraites et de la sécurité sociale.

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 Le leader de la CGT, opposant numéro 1 mal aimé

Le leader de la CGT est devenu l'opposant numéro 1 du gouvernement, en première ligne contre le projet de loi Travail. Philippe Martinez, encore largement méconnu du grand public jusqu'à il y a peu, est devenu la bête noire du gouvernement, appelant à la généralisation de la grève. Pourtant, si les Français soutiennent ceux qui se mobilisent contre cette réforme, ils n'ont pas une bonne image de celui qui veut mettre la France à l'arrêt.

Selon un sondage Odoxa pour  Le Parisien/Aujourd'hui en France  publié ce dimanche, près de sept personnes sur dix ont une mauvaise opinion du leader cégétiste. Ils lui reprochent d’être trop politisé, éloigné des réalités des entreprises et pas suffisamment ouvert au dialogue.

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