Loi Travail : pour plaire aux frondeurs, le gouvernement met de l'eau dans son vin

Loi Travail : pour plaire aux frondeurs, le gouvernement met de l'eau dans son vin

LOI TRAVAIL – Au lendemain de la 11e manifestation contre la loi Travail Manuel Valls reçoit mercredi syndicats et patronat pour "faire un point" sur la loi travail, une délicate opération d'ouverture face aux attentes fortes mais divergentes chez les détracteurs, comme la CGT ou le Medef, et au sein des rares soutiens, CFDT en tête.

Est-ce une première concession ? Ou est-ce que, dans le fond, cela ne change rien ? Alors que les responsables syndicaux commencent à être reçus ce mercredi par Manuel Valls, la ministre du Travail Myriam El-Khomri a annoncé que le gouvernement allait déposer "de nouveaux amendements" au projet de loi Travail. Des modifications qui seraient disponibles, selon elle, de répondre aux "attentes des frondeurs".

EN SAVOIR +
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Ces amendements, selon elle, visent à "réaffirmer" le rôle de la branche. "Ce que nous proposons ne modifie en rien l'importance que nous souhaitons donner à l'accord d'entreprise, mais réaffirmera le rôle de la branche", a-t-elle assuré dans une interview au Monde daté de jeudi. L'usage de l'article 49-3 n'est "pas un passage en force", a-t-elle ajouté.

Opération d'ouverture de Matignon

D'après ce qu'elle annonce, le changement s'avère toutefois modeste : « Dans les cas où la loi ne prévoit pas la primauté de l’accord d’entreprise, nous souhaitons qu’au sein de chaque branche, employeurs et syndicats négocient pour définir les thèmes sur lesquels un accord d’entreprise ne pourra pas déroger à l’accord de branche", explique la ministre. Le gouvernement souhaite ajouter dans la loi « deux domaines où l’entreprise ne pourra pas faire moins bien que la branche » : l’égalité homme femmes dans le milieu professionnel et la pénibilité. Sera-ce suffisant ?

Manuel Valls reçoit en effet dans l'après-midi syndicats et patronat pour "faire un point" sur la loi travail. Rendez-vous avait été pris quelques jours avant le défilé dans les rues  de mardi, où de 64 000 à 200 000 opposants se sont mobilisés. 

Avec cette rencontre, Matignon entend mener une délicate opération d'ouverture face aux attentes fortes mais divergentes chez les détracteurs, comme la CGT ou le Medef, et au sein des rares soutiens, CFDT en tête. Saluées tant côté syndical que patronal, ces rencontres bilatérales, les premières depuis début mars, se glissent dans un agenda serré.

"Cela ne changera pas la nature du texte"

Elles interviennent au lendemain du vote du texte au Sénat et quelques jours avant son nouveau passage à l'Assemblée à partir du 5 juillet, date que les opposants à la loi travail ont d'ores et déjà choisie pour mener de nouvelles actions.

Mais attention : qui dit réunion ne veut pas dire "réouverture de négociations", pour Manuel Valls, vivement critiqué pour son attitude fermée face à la contestation. François Hollande a d'ailleurs redit la semaine dernière qu'il comptait aller "jusqu'au bout" sur cette réforme sociale, vraisemblablement la dernière du quinquennat. "Il peut y avoir des propositions, des avancées, mais qui ne changeront pas la nature du texte", avance un proche du président de la République.

Toujours le débat sur l'article 2

Accompagné de la ministre du Travail Myriam El Khomri, le Premier ministre va donc d'abord écouter les syndicats soutenant la réforme, censée créer de l'emploi. Chacun va défiler pendant deux jours et discuter pendant une petite heure avec le Premier ministre. Que va-t-il en sortir ? Impossible de savoir. Les syndicats sont méfiants : "S'il nous rencontre pour faire de la com', ça ne nous va pas", a relevé François Hommeril (CFE-CGC), très critique de la loi. Philippe Louis (CFTC), qui soutient le texte, veut que Manuel Valls "joue cartes sur table et lève les inquiétudes". Même attente de réponses côté Medef, pour qui la loi "est vidée de tout ce qu'elle contenait d'un peu pertinent, de simple et de compréhensible par les entreprises", selon un porte-parole. 

La CGT et FO réclament toujours le retrait du texte, qui entraînerait la précarisation des salariés, selon eux. Toutefois, c'est sur le rôle de la branche –  notamment l'article 2  qui accorde la primauté de l'accord d'entreprise sur la branche en matière d'aménagement du temps de travail – que va se concentrer le débat. Chaque organisation a un avis tranché sur la question. Les uns (CGT, FO) réclament le retrait de l'article 2, d'autres qu'on clarifie ou réaffirme le rôle de la branche (CFTC, CFE-CGC, UPA) et les troisièmes (CFDT, Medef) approuvent la réforme. Fin mai, Manuel Valls avait insisté sur le fait que l'idée que l'accord d'entreprise prime était "essentielle". Sans

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