Loiret : le lieu-dit "La-mort-aux-Juifs" devrait finalement être débaptisé

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POLEMIQUE - La question de la suppression du nom du lieu-dit "La-mort-aux-Juifs", demandée par le Centre Simon Wiesenthal, sera finalement inscrite à l'ordre du jour du prochain conseil municipal du petit village de Courtemaux (Loiret).

Passé inaperçu pendant des dizaines d'années, le nom polémique d'un lieu-dit du Loiret devrait enfin être abandonné. Le centre Simon-Wiesentha l, fondé aux États-Unis par le célèbre chasseur de nazis, a réclamé dans un courrier adressé au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve  que le lieu-dit de Courtemaux (289 habitants, près de Montargis) baptisé "La-mort-aux-Juifs" change de nom. Et il devrait obtenir gain de cause.

Interrogée mardi sur l'éventuel abandon de ce nom, Marie-Élisabeth Secretand, conseillère municipale de ce village, ne s'était d'abord pas émue de cette demande. "Ce n'est pas la première fois que j'entends parler d'une telle démarche. Un conseil municipal précédent, il y a au moins vingt ans, avait déjà refusé de débaptiser ce lieu-dit, qui est constitué d'une ferme et de deux maisons", expliquait-elle. "C'est ridicule, ce nom a toujours existé. Personne n'en veut aux Juifs, bien sûr. Cela ne m'étonne pas que cela revienne encore une fois sur le tapis."

Une demande déjà adressée en 1992 par le Mrap

Il a fallu attendre que la polémique prenne une ampleur nationale et que le sous-préfet de Montargis, Paul Laville, réagisse pour que la mairie se décide à réagir. "On va s'attaquer à ce problème tout début septembre" et trouver un "nouveau nom au hameau", a ainsi indiqué ce mercredi Serge Montagne, deuxième adjoint au maire, confirmant une information de La République du Centre . Le nom du lieu-dit est "resté au cadastre", a précisé cet adjoint, mais l'adresse des quelques maisons installées est "route de Louzouer au niveau postal depuis 1992".

Dans son courrier adressé à Bernard Cazeneuve, le centre Simon Wiesenthal s'est en effet indigné que ce nom soit toujours inscrit au cadastre : qu'il soit "passé inaperçu pendant les soixante-dix ans qui ont suivi la libération de la France du national-socialisme et du régime de Vichy est extrêmement choquant." En 1992, le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) avait effectué la même demande auprès du maire de l'époque, des autorités préfectorales et du ministère de l'Intérieur. Une requête restée vaine.

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