Lundi de Pentecôte : pourquoi certains travaillent et d'autres non ?

Lundi de Pentecôte : pourquoi certains travaillent et d'autres non ?
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JOUR FÉRIÉ (OU PAS) - Environ un tiers des Français travaillent le lundi de Pentecôte, dont la date est le 5 juin cette année. Est-ce pour autant un jour férié ? Comment savoir si vous êtes censé travailler ce jour-là et, si c'est le cas, pourquoi ?

Au fil des ans, le statut du lundi de Pentecôte a changé à plusieurs reprises. Alors, jour travaillé ? Jour férié ? "Journée de solidarité" pour les personnes âgées ou handicapées ? Les trois à la fois. Explications point par point.

Est-ce un jour férié ?

Historiquement, la Pentecôte célèbre dans la religion chrétienne la venue du Saint-Esprit, 49 jours (ou 7 semaines) après Pâques. Le lundi qui suit cette fête chrétienne est férié depuis 1801 et le Concordat signé entre Napoléon et l'Église. Mais la canicule meurtrière de 2003 a changé la donne. Le Premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin, décide d'instaurer une "journée de solidarité", au cours de laquelle les salariés travailleraient sans rémunération afin de financer des "actions en faveur de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées". C'est alors le lundi de Pentecôte qui est choisi, devenant ainsi "férié mais non chômé". 

L'idée : les entreprises reversent, via les Urssaf, 0,3% de leur masse salariale brute à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, créée pour l'occasion. Pour compenser cette cotisation, les salariés ne sont pas rémunérés pendant une journée de travail. La loi de 2004 permettait néanmoins une certaine souplesse dans son application et les entreprises pouvaient choisir un autre jour férié ou un jour de RTT. 

En 2008, le lundi de Pentecôte est redevenu un jour férié et chômé. La journée de solidarité est donc, depuis, complètement déconnectée du lundi de Pentecôte.

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Pourquoi certains travaillent quand même ?

Si, dans la loi, la journée de solidarité pour les personnes âgées et handicapées n'a plus rien à voir avec le lundi de Pentecôte depuis 2008, de nombreuses entreprises ont continué, dans les faits, à faire travailler leurs employés ce jour-là. C'est donc l'accord d'entreprise ou, à défaut, l'accord de branche, qu'il faut aller lire pour en savoir plus. Dans certaines entreprises, d'autres jours fériés ont été choisis, ou des jours de congés ou encore de RTT. Dans d'autres, comme la SNCF, les employés travaillent un tout petit peu plus chaque jour (la durée exacte de travail supplémentaire est de 1 minute 52 secondes).

Selon une étude du groupe Randstad, trois salariés sur dix se rendent sur leur lieu de travail le lundi de Pentecôte. Certaines entreprises décident même "d'offrir" cette journée à leurs employés, c'est-à-dire de s'acquitter de la cotisation sans les faire travailler plus.

Pour plusieurs syndicats, le mode de financement de la solidarité envers les personnes âgées et handicapées est injuste. La CFTC se demandait ainsi en 2016 s'il était "juste qu’un employé de supermarché puisse être obligé de travailler gratuitement un jour férié, alors qu’un agent de la SNCF est censé travailler 1 mn 52 de plus par jour pour s’acquitter de la journée dite 'de solidarité' ?". Le syndicat pointait aussi le fait que les professions libérales n'étaient pas assujetties à cette journée.

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Combien ça rapporte aux personnes âgées et handicapées ?

Environ 2 milliards d'euros par an. La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie, qui gère les cotisations versées, estimait en 2016 à 28 milliards d'euros les recettes perçues depuis la création de la journée de solidarité. 

Depuis 2013, les retraités imposables participent également à cette "journée", non pas en travaillant, mais en versant un prélèvement de 0,3% sur leur retraite, leur préretraite et leur pension d'invalidité. 

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