Lutte anti-fraude : attention, la RATP part à la chasse aux resquilleurs

Lutte anti-fraude : attention, la RATP part à la chasse aux resquilleurs
SOCIÉTÉ

EPINGLES - La RATP lance une vaste opération pour lutter contre la fraude dans les transports, qui lui coûte chaque année plus de 200 millions d’euros. Les lignes de tramway, les plus touchées, sont visées dans un premier temps, mais le dispositif devrait être étendu à d’autres lignes.

Chaque année, la facture est salée. A la RATP, la fraude dans les transports coûte au minimum 248 millions d'euros par an, estime la Cour des Comptes. Un véritable fléau, que la régie des transports essaie d’enrayer. Elle lance à partir de ce lundi et jusqu'au 15 avril une vaste opération "Ensemble contre la fraude", mêlant "sensibilisation, dissuasion et verbalisation".

La mobilisation débutera notamment sur les lignes T1, T2 et T3a, les plus fréquentées du réseau tramway. Si le tramway est d’abord ciblé, c’est parce que ce mode de transport est particulièrement exposé : d'après la RATP, le réseau de surface (bus et tram), où il n'y a pas de portiques, possède le taux de fraude le plus important : 11,9% en 2015 contre moins de 3% sur le réseau ferré. Mais l'opération "sera vite appelée à être renouvelée et étendue à d’autres lignes", prévient la RATP. 

Pédagogie, puis... punition

Concrètement, sur chacune des trois lignes concernées, l’opération se déroulera en deux temps : une première phase de pédagogie la première semaine, au cours de laquelle des équipes, vont sensibiliser à l’importance d’acheter et valider un titre de transport et informent du renforcement à venir des contrôles, et une deuxième phase où les contrôles sont renforcés sur l’ensemble de la ligne (voir le calendrier détaillé en encadré). 50 à 80 contrôleurs seront ainsi déployés chaque jour sur les lignes concernées et les métros en correspondance pour traquer les contrevenants.

Dans son communiqué annonçant l’opération, la RATP rappelle qu’avec ses 1 250 agents dédiés au contrôle, elle est déjà "très active sur le sujet de la fraude", mais qu'elle "entend amplifier sa politique". Depuis quelques années, la RATP a ainsi diversifié le panel de méthodes des contrôles : multiplication de petites équipes en civil "pour intervenir en toute discrétion", maintien de grosses équipes sur les zones à fort flux, multiplication des contrôles en rames, présence accrue aux lignes de contrôle…. La RATP va également déployer le PV électronique, qui permet de réduire les temps de contrôle comme de traitement.

Dur dur de faire payer les PV

Reste que malgré ces actions, le bilan n’est pas suffisant. Dans son rapport de février 2016, la Cour des comptes a ainsi épinglé la régie des transports , estimant que cette lutte anti-fraude n’est pas efficace. Plus de 200 millions de voyages sont effectués chaque année en Ile-de-France sans ticket. Mais surtout l'impact financier de la fraude dans les transports urbains collectifs en Ile-de-France est énorme, estimé à 366 millions d'euros pour la SNCF et la RATP. La Cour des comptes mettait surtout en avant les problèmes du recouvrement des PV : 60% des infractions ne donnent lieu à aucun recouvrement par la RATP ou la SNCF, écrit la Cour des comptes.

En effet, dans seulement 30% des cas, les fraudeurs payent immédiatement au contrôleur. Mais, quand cela n'est pas le cas, le taux de recouvrement devient marginal (14%), notamment en raison des difficultés à retrouver la trace des fraudeurs. Les contrôleurs ont en effet des pouvoirs limités, et n’ont pas de réelle marge d’action quand le fraudeur ne veut pas décliner son identité, à part appeler un policier, ce qui n’est pratiquement jamais fait ; le problème se pose aussi quand le contrevenant donne une fausse adresse. Près de la moitié des PV dressés sont ainsi inexploitables pour fausse identité ou adresse inexacte. Mais la loi Savary sur la sécurité et la fraude dans les transports, votée le 9 mars dernier, qui sanctionnera davantage les fraudeurs et améliorera le recouvrement des amendes, pourrait aider la régie à améliorer le travail des contrôleurs.

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