Lutte contre le tabac : toutes ces méthodes qui ne marchent pas

Lutte contre le tabac : toutes ces méthodes qui ne marchent pas

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SANTE - La cigarette électronique serait la première méthode vraiment efficace contre le tabagisme en France, selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Hausse des prix, patch de nicotine, images choc sur les paquets... Pourquoi toutes ces méthodes n'ont rien changé ?

L'usage de la cigarette électronique, utilisé par un à deux millions de Français selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), réduit la "quantité moyenne consommée par chaque fumeur". Il est aussi "à l'origine d'une partie de la baisse des ventes observée en 2013", indique mardi Les Echos, d'après les chiffres définitifs publiés par l'OFDT sur le marché du tabac en 2013. Une première . Avant cela, la lutte contre le tabagisme a fait l'objet de nombreuses campagnes et mesures... moins efficaces.

  • Les images choc : un effet de courte durée

Une récente étude britannique affirme que les campagnes choc pour dissuader les fumeurs n'auraient aucun impact sur les jeunes. Visuels explicites, slogans évocateurs... alors qu'une soixantaine de pays imposent aux fabricants d'appliquer des avertissements sanitaires, les chercheurs à l'origine de ces travaux affirment que ces éléments censés être dissuasifs sont loin de l'être.

L'étude, publiée par la revue Tobacco Control a étudié l'impact de ces messages sur un peu plus d'un millier de jeunes Britanniques âgés de 11 à 16 ans. Invités à décrire les photos, moins de 10% des sondés se souvenaient de celles placées à l'arrière des paquets. Quant aux messages écrits au dos, moins d'1% des jeunes étaient capables de les restituer, dès lors qu'ils n'étaient pas accompagnés de photos. Les chercheurs relèvent en outre que ces avertissements n'ont pas plus d'impact dissuasif sur les fumeurs réguliers en 2011 qu'en 2008.

  • Le patch de nicotine : beaucoup moins fort que la e-cigarette

Il est, derrière la cigarette électronique, le premier produit de sevrage au tabac en France. Mais il reste beaucoup moins efficace, d'après les études. En effet, 57% de ceux qui ont testé la e-cigarette ont réussi à diviser par deux ou plus leur consommation de tabac, alors que seulement 41% de ceux utilisant le patch sont parvenus à ce résultat.

Pour le pneumologue-tabacologue Gérard Mathern, la e-cigarette a en effet cela en plus qu'elle reproduit le geste et la sensation de la cigarette. Le fumeur n'a "pas l'impression d'arrêter de fumer, mais il en ressent vite les bénéfices. Il n'a pas de frustration", nous explique le médecin. En outre, la e-cigarette parvient beaucoup plus facilement que les patchs à fidéliser les utilisateurs : un tiers de ceux qui ont testé la cigarette électronique ont continué à l'utiliser après l'essai contre 8% des utilisateurs de patch.

  • La hausse des prix en cascade n'a pas eu l'effet escompté

La Cour des comptes, dans un rapport de 2013, relève que malgré les hausses des prix successives (onze en treize ans), "la consommation de tabac a cessé de baisser depuis 2005". Pire, on constate même, "depuis 2011, une inquiétante progression du tabagisme chez les femmes et les jeunes". L'augmentation des prix, censée dissuader les plus jeunes consommateurs, n'a donc pas eu l'effet escompté.

Selon le dernier rapport de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), "en 2011, la France compte 22,8% de fumeurs quotidiens parmi les jeunes de 16 ans, quand ils n'étaient que 17% en 2007". Si les ventes de tabac enregistrent leur première baisse importante cette année, c'est que la hausse des prix fut massive (40 centimes en un an), et que le cap symbolique des sept euros a été franchi.

Ce qui n'était donc pas le cas durant les dernières années, avec la multiplication de petites hausses de prix. Dans un rapport parlementaire rendu en 2012, le président de l'Alliance contre le tabac, Yves Bur, soulignait que "les différentes augmentations des prix sous Sarkozy ont été lissées sur trois ans", n'ayant donc aucun effet sur les ventes. "Une augmentation de 20 centimes (3%), c'est donc un coup d'épée dans l'eau", dénonçait également le député UMP pour metronews.

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