Lycéen frappé à Bergson : devant l'IGPN, le policier admet un geste "disproportionné"

Lycéen frappé à Bergson : devant l'IGPN, le policier admet un geste "disproportionné"
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VIOLENCES POLICIÈRES - La police des polices avait été saisie après la publication, sur Internet, de plusieurs vidéos à charge contre l'intervention des forces de l'ordre devant le lycée Bergson à Paris, en marge d'une manifestation contre la loi Travail. Le journal "Libération" dévoile ce mardi les contours de l'enquête.

La vidéo, très choquante, avait été visionnée plus de deux millions de fois. On y voyait un policier asséner un violent coup de poing à un adolescent qui n'opposait pourtant aucune résistance, devant le lycée Bergson à Paris, en marge de la manifestation contre la loi Travail du 24 mars. Selon le rapport de l'IGPN (police des polices) que Libération s'est procuré, l'agent de police a reconnu avoir fait l'usage, ce jour-là, "à tort d’une force disproportionnée". 

L'agent de police invoque un contexte "dangereux", combiné à de la malchance : il affirme avoir voulu viser le "plexus" du jeune homme de 15 ans. Mais "lorsque [son] bras s’est lancé, la tête [du lycéen] s’est baissée et c’était trop tard pour s’arrêter", avance-t-il devant les enquêteurs. 

Une "force disproportionnée"

C'est bien un "violent coup de poing au visage" qui fait "basculer en arrière et tomber lourdement à terre sur le dos" l'adolescent, écrit l'IGPN, avant de conclure : "à l’issue de nouvelles auditions, le gardien de la paix reconnaissait (…) avoir usé à tort d’une force disproportionnée". Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve en personne s'était dit "choqué" par cette scène, saisissant aussitôt la police des polices. Et promettant des sanctions. 

Pour ces faits, l'agent de police sera jugé le 10 novembre à Paris. Il risque trois ans de prison. 

Des violences encore plus choquantes par un autre policier

Si cette vidéo à charge avait été très relayée sur les réseaux sociaux, "c’est pourtant l’attitude d’un autre agent qui a le plus choqué les lycéens et personnels de l’établissement", explique Libération. La diffusion de deux autres vidéos – moins virales que la première – avaient entraîné l'ouverture d'une seconde enquête par le parquet de Paris. On y voyait notamment un policier en civil, visage dissimulé par un foulard et une capuche, donner des coups de matraque à des élèves qui marchaient de dos, toujours devant ce même lycée Bergson le 24 mars. 

Après avoir fait une "balayette" à un élève, l'agent était filmé en train de traîner par le cou un autre lycéen sur une trentaine de mètres. Aucune "hostilité" n’émanait pourtant des élèves, constate l'IGPN, qui évoque un environnement semble-t-il "très calme". Là aussi, devant l'IGPN, le fonctionnaire a admis que sa réaction était "illégitime". Pour ces faits, il comparaitra devant la justice le 14 octobre prochain. 

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