"Mad Pride" : samedi, les "fous" sont de sortie à Paris

SOCIÉTÉ
SANTE - Des associations de défense des patients atteints de troubles mentaux appellent à défiler samedi dans les rues de la capitale. Derrière cet étonnant cortège, des revendications très sérieuses : lutter contre les stéréotypes et se mobiliser contre "les soins contraints". Les promoteurs de cette drôle de marche s'expliquent auprès de Metronews.

Des "fous" dans la capitale. Samedi, des associations qui défendent les personnes en difficulté psychiatrique organisent dans les rues de Paris la troisième "Mad Pride". Le principe, calqué sur celui de la Gay Pride : faire défiler des centaines de patients, professionnels de santés et d'élus pour lutter contre les stéréotypes. Une manifestation festive et bon enfant entre l'hôpital Saint-Antoine et place de la République, à partir de 14 heures, où chacun est invité à venir avec un déguisement de clown ou, pourquoi pas, un entonnoir sur la tête.

"99% des crimes sont commis par des 'sains d'esprit'"

Pour les organisateurs, le but est de rappeler que les personnes affectées de troubles mentaux sont avant tout des citoyens comme les autres. "Ce sont des souffrances qui sont très mal connues par la société. Souvent, parce qu'ils ne sont pas visibles, les patients sont disqualifiés, on se dit qu'ils ne veulent pas travailler ou qu'ils inventent leur maladie", explique Philippe Guérard, président de la Mad Pride et de l'association Advocacy France , contacté à la veille de l'événement par metronews. Le collectif Mad Pride compte sur la mobilisation pour mieux faire accepter ces maladies. "Trop de gens pensent encore que les individus atteints de troubles mentaux sont dangereux et doivent être enfermés, alors que 99 % des crimes sont commis par des 'sains d'esprit'", se lamente M. Guérard.

"On ne peut soigner quelqu'un contre son gré"

L'internement, justement, c'est l'autre combat des associations qui participent à la Mad Pride. "Nous nous élevons contre les 'soins contraints'", martèle Jean-Marc Antoine, ancien président de l'association Aurore et membre de l'organisation du défilé de samedi. Depuis une loi du 5 juillet 2011, les possibilités d'enfermement sans consentement du patient et les soins de force ont été élargis. Avec à la clé des dérives dans les conditions de rétention, dénoncées dans un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) rendu public fin mai. "On ne peut soigner quelqu'un contre son gré", nous assure Jean-Marc Antoine.

De l'avis de tous, le combat pour faire reconnaître les droits des personnes atteintes de troubles psychiatriques sera long : "C'est très dur de se battre contre des idées reçues aussi ancrées", constate, amer, Phillipe Guérard. "Ce n'est pas quelques centaines de personnes qui feront bouger les lignes du jour au lendemain, mais cette manifestation est un premier pas dans la bonne direction", conclut Jean-Marc Antoine.

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