Mais pourquoi les cadres n’en peuvent-ils plus de Paris ?

SOCIÉTÉ
RAS-LA-CASQUETTE - L' enquête annuelle de Cadremploi publiée ce jeudi révèle que 80% des cadres parisiens rêvent de poser leurs valises loin de la capitale. Ils seraient même prêts à baisser leur salaire, voire à se reconvertir, pour quitter Paris.

Quitter Paris. A tout prix. Mais que se passe-t-il ? D’après une étude de Cadremploi publiée ce jeudi , les cadres parisiens veulent en effet fuir la capitale. C’est même un exode massif, voire une bérézina pour la ville : selon le sondage, ils seraient 80% à vouloir poser leurs valises loin de Paris. Enorme.


Peut-être que les vacances, cette coupure dans l’année, permet de se poser. Et de se poser des questions. Romain, ingénieur, revient juste de ses vacances dans le sud de la France, à Toulon, où il a de la famille. "Quand, le soir, tu vois tes amis toulonnais venir prendre l’apéro sur la plage en sortant du travail, que toi tu sais que le lundi tu reprends le métro… Mais pourquoi ?", raconte-t-il à LCI. Les questions existentielles de Romain, beaucoup de Parisiens  semblent se les poser. Le champêtre, le bucolique, la détente, les paysages verts… Ca doit les titiller un peu, l’air de rien. 




Sacrifices

Comment ça ? Paris est pourtant la Ville lumière, riche d’activités culturelles foisonnantes, de bars, de musées, de tellement d’opportunités… Cela ne suffirait donc plus ? Sans doute non. Ou plutôt, les inconvénients de la capitale prennent désormais le pas sur ses avantages. En tête de file des arguments anti-Paris, le temps de transport, un gros, gros inconvénient pour 70% des cadres. 


Viennent ensuite les problèmes de logement et du coût lié (57% des cadres), mais aussi l’environnement, notamment la pollution, le coût de la vie, le manque de proximité avec la nature. Sans parler des obligations professionnelles, de la difficile gestion de la vie de famille, avec crèche et nourrice à gérer, ou encore l’insécurité… Face à ce constat, les atouts de la capitale semblent peiner à briller. 51% des sondés mettent pourtant en avant l’intérêt de leur job, la vie culturelle, ou la facilité de transport (48%) et l’accessibilité rapide à tous les services. 

Et pour partir, les Parisiens sont prêts à toutes les concessions : baisse de salaires (54%), reconversion professionnelle (48%), passage dans un centre opérationnel et non à un siège social (45%) et à un niveau de poste moins élevé. Et même à s’éloigner temporairement de la famille. 

Bordeaux en tête

Et les cadres savent déjà bien où poser leurs valises. Parmi leurs  destinations préférées, Bordeaux remporte la palme, avec 56% des suffrages, suivie par Lyon (42%), qui devance cette année Nantes (41%) et Toulouse. Chacune a ses petits atouts : Bordeaux vend de la douceur de vivre. Classée ville d’Art et d’Histoire, elle séduit d’abord par son climat, son territoire proche de la mer et ensoleillée. De son côté, Lyon est considérée comme la ville qui offre le plus d’opportunités en termes d’emploi. Autre atout, son environnement naturel privilégié, soit une combinaison optimale entre carrières professionnelles intéressantes et qualité de vie. 



Nantes, elle, n’attire pas par sa météo, mais par son dynamisme économique. Derrière, Toulouse, Montpellier, Nice. Ces villes bénéficient d’un gros atout, auquel ont l’air de plus en plus sensibles les Parisiens : le climat clément. 


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VIDEO. En 2015, les cadres parisiens rêvaient déjà de la province...

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Embouteillages, loyers… Quand les cadres parisiens rêvent de la province

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