Malgré les revalorisations annoncées par Olivier Véran, les sages-femmes se remettent en grève

Vue partielle du cortège de plus de 2000 de sages-femmes qui défilaient déjà en octobre 2011 à Paris pour réclamer une revalorisation de leur travail et "la reconnaissance des professionnels de la naissance".

MOBILISATION - Les sages-femmes ont entamé un mouvement de grève national vendredi, à l'appel de plusieurs organisations syndicales, pour demander une meilleure reconnaissance de leur profession. Le mouvement, qui doit durer jusqu'à lundi, est "très suivi".

Les sages-femmes crient leur colère. Plusieurs organisations de sages-femmes ont appelé à une grève nationale s'étalant de vendredi à dimanche pour la reconnaissance de leur profession. Selon l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), le mouvement est "très, très suivi"

"Plus de 50% des cabinets de sages-femmes libérales se sont signalés comme étant fermés ce week-end", soit "plus de 3000 cabinets", indique à l'AFP Caroline Combot, secrétaire générale de l'ONSFF, l'une des deux principales organisations syndicales de la profession. Côté maternités, elle a fait état d'environ "150 maternités ayant 100% de grévistes avec des maternités privées qui ont fermé leurs portes et des réquisitions et assignations dans les maternités publiques". "Cela montre vraiment que ça répond à une véritable colère des sage-femmes", assure-t-elle.

Pour une meilleure revalorisation, mais pas que

La revendication principale est celle d'"une réflexion sur le métier de sage-femme dans sa globalité, quels que soient les modes d'exercice, pour permettre de l'attractivité", la rémunération en étant une des composantes, a poursuivi la responsable de l'ONSSF, citant en particulier la question du statut.

La profession a été déçue par les annonces du ministre de la Santé Olivier Véran mi-septembre d'une revalorisation pour les sages-femmes travaillant à l'hôpital, qui recevront à partir de janvier une prime de 100 euros net et une hausse de salaire d'environ 100 euros brut par mois. Les trois quarts des 23.500 sages-femmes (à 97% des femmes) en bénéficieront, pour un gain mensuel équivalant à l'augmentation de 183 euros net déjà accordée à tous les personnels hospitaliers fin 2020 dans le cadre du "Ségur de la santé". Cette revalorisation proposée par le ministre "n'a jamais été aussi importante dans l'histoire de la profession, mais là où les sages-femmes sont en colère, c'est que ce n'est pas la seule réponse qu'on attendait", explique Caroline Combot.

Dans un communiqué publié vendredi, l'Ordre des sages-femmes soulève aussi la problématique des conditions de travail "de plus en plus critiques" et d'un manque de reconnaissance de leur profession, qui poussent de nombreuses sages-femmes "à quitter l'exercice en maternité". Selon lui, l'attractivité de la profession étant "durablement compromise", "le mouvement de fuite des sages-femmes des établissements de santé va se poursuivre et s'amplifier" venant fragiliser "davantage un système périnatal déjà plus que précaire". "En ignorant les problématiques croissantes d'effectifs dans les maternités, l'enjeu essentiel de la sécurité et de la qualité de prise en charge des patientes et des nouveau-nés reste non résolu", écrit-il.

Nous nous devons d'être à la hauteur.- Anna Roy, sage-femme à l'origine du hashtag #Jesuismaltraitante

"Les effectifs actuels sont trop insuffisants", confirme sur Instagram la sage-femme Anna Roy, auteure de La vie rêvée du post-partum aux éditions Larousse. À l'origine du hashtag #Jesuismaltraitante, elle milite depuis de nombreux mois pour de meilleures conditions de travail et pour en finir avec les maltraitances que les soignants font subir aux femmes malgré eux. "Des femmes et leurs familles vivent avec nous les moments les plus importants de leur existence (accouchements, consultations gynécologiques, IVG, IMG, deuil périnatal, fausses couches...). Elles (et ils) nous font l'honneur de pouvoir être à leurs côtés dans ces moments-là, nous nous devons d'être à la hauteur", écrit-elle, souhaitant qu'il y ait "une sage-femme dédiée à chaque femme qui accouche".

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Et si cette dernière mesure peut paraître coûteuse, Anna Roy assure, dans une vidéo postée sur son compte Instagram, qu'elle pourrait au contraire faire gagner de "beaucoup d'argent" à l'État : "Vous éviterez des dépressions post-partum, des consultations en urgence, des troubles d'interaction du lien, etc."

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Depuis le début de l'année, les sages-femmes sont déjà descendues cinq fois dans la rue pour réclamer reconnaissance et effectifs. Une nouvelle journée de mobilisation est d'ores et déjà programmée pour le 7 octobre à Paris.

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