Maltraitance infantile : ce qu'il faut savoir pour aider un enfant en danger

Maltraitance infantile : ce qu'il faut savoir pour aider un enfant en danger

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ENFANCE - L’association l’Enfant Bleu a réalisé un sondage, en partenariat avec Harris Interactive, qui montre que la maltraitance infantile est un fléau qui est loin d’avoir disparu. Sa directrice de la communication, Laura Morin, nous explique comment agir pour aider un enfant victime de violences.

LCI.fr : Vous venez de réaliser un sondage qui indique que 22% des Français auraient été victimes de maltraitances graves quand ils étaient enfants. Un chiffre édifiant. Et même si 97% des Français jugent "tout à fait prioritaire" la lutte contre ce type de violence, le silence domine dans bien des cas…

Laura Morin : En effet, c’est un sujet tabou parce qu’il touche à l’intimité. C’est également un sujet très peu connu du grand public. C’est pourquoi les gens ne savent pas forcement ce qu’ils peuvent faire pour aider un enfant qui serait en danger.

LCI.fr : Comment favoriser la libération de la parole ?

Laura Morin : Il faut informer. Informer toujours plus les gens sur ce qu’est la maltraitance et quelles sont ces conséquences. Et surtout leur donner les clés pour pouvoir agir. Il faut bien sûr les rassurer en leur rappelant que quand ils dénoncent un cas de maltraitance, ils ne peuvent pas être poursuivis pour dénonciation calomnieuse, sauf si la volonté manifeste de faire du mal est prouvée. Il existe également la possibilité de conserver son anonymat. Dans les cas complexes, les gens peuvent se tourner vers les associations, avant d'alerter les services d’état ou à la police, pour parler de leurs doutes plutôt que de prendre le risque de laisser un enfant dans l’enfer de la maltraitance, dont on connaît les effets ravageurs.

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22% des Français affirment avoir été victimes de violences étant enfant

LCI.fr : Ce qui signifie que n’importe qui peut être amené à dénoncer des violences infantiles ?

Laura Morin : Exactement. Tout citoyen peut signaler un enfant en danger. Il existe plusieurs manières de le faire. Si on est témoin direct de maltraitance sur un enfant, il faut appeler le 17 évidemment afin que la police intervienne rapidement. Sinon, il y a le 119 qui est le numéro national de l’enfance en danger, ouvert 24h/24 et 7j/7. On peut également contacter les associations comme la nôtre, l’Enfant Bleu. Vous tomberez sur des écoutants référents qui vont pouvoir accompagner la personne, essayer de comprendre ce qui se passe et déterminer avec elle ce qu’il faut faire pour aider l’enfant. Il y a aussi deux solutions proposées par les services de l’état. Tout citoyen peut écrire à la cellule de recueil des informations préoccupantes (le Crip). C’est un service de la protection de l’enfance, géré au niveau départemental, qui va diligenter une enquête pour aller voir ce qui se passe dans la famille. Enfin, il est possible de faire un signalement directement au procureur de la République.

LCI.fr : Mais dans certains cas, il peut être difficile de discerner un cas réel de violence d’une punition méritée ? Comment les distinguer ?

Laura Morin : Il est vrai que ce n’est pas toujours évident. Il faut tout d’abord rappeler qu’il faut élever un enfant dans la bienveillance. De toute façon, la violence n’est jamais une solution. Pour préciser les choses, ce qu’on appelle la "maltraitance grave", c’est évidement tout acte sexuel. On est également attentif à la notion de répétition ; en clair quand l’enfant est victime de coups et de blessures régulièrement. Idem pour l’aspect psychologique. Malheureusement, et paradoxalement, il n’y a pas en France de lois spécifiques qui interdisent le recours à la violence dans l’éducation des enfants, ni même sur ce qu’on appelle communément "la fessée". Ce qui n’est absolument pas normal !

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