Manif contre la loi Travail : pas d'incidents majeurs à Paris

Manif contre la loi Travail : pas d'incidents majeurs à Paris

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SOCIETE – Environ 15 000 opposants à la loi Travail selon la police - 55 000 selon les organisateurs - ont défilé ce mardi entre la place de la Bastille (11e) et la place d'Italie (13e) pour protester contre la loi Travail. Plusieurs dizaines de manifestants ont ensuite rallié la Bourse du travail (10e), où des dizaines de personnes avaient été "nassées" un peu plus tôt dans la journée par la police pour avoir refusé les fouilles.

Les premiers escadrons de gendarmerie mobiles sont arrivés tôt ce mardi aux abords de la place de la Bastille à Paris. Dès 9 h 45, soit plus de quatre heures avant le début de la manifestation, certains étaient déjà en place. A mesure que les heures ont défilé, les forces de l'ordre se sont positionnées aux alentours de la place pour éviter tout incident.

A 14 h 30, sous les ballons CGT, FO, Solidaires ou encore Sud et derrière deux banderoles de groupes d'anarchistes, le cortège s'est élancé direction la place d'Italie où était prévue la fin de cette nouvelle manifestation contre la loi Travail. Et c'est vers le pont d'Austerlitz, quelques minutes plus tard que les premières tensions entre les forces de l'ordre et une partie des manifestants ont commencé à se faire sentir, avec notamment le désormais célèbre slogan "Tout le monde déteste la police". 

Quelques jets de projectiles, grenades et bombes lacrymogènes

Sur le boulevard de l'Hôpital, non loin de la Pitié Salpêtrière, quelques brèves échauffourées ont éclaté. Plusieurs grenades de désencerclement ont été lancées et des lanceurs de balles de défense ont été utilisés contre des manifestants qui avaient, pour certains, jeté des projectiles à l'encontre des forces de l'ordre. "C'est tendu, depuis le début, on sent que c'est tendu. Ça va finir par péter, comme d'habitude" confie José, étudiant contre la loi El Khomri. 

Les parois d'un abribus en bois ont été dégradées et un conteneur en verre a été renversé. Quelques tags ont également été posés sur les murs le long du parcours.

Vers 16 heures, la tête du cortège a gagné la place d'Italie où les manifestants se sont réunis un temps avant de défiler dans le calme au milieu des CRS et gendarmes. "Vous voyez, c'est une ambiance bon enfant ici. Nous tout ce qu'on veut, c'est le retrait de cette loi pourrie", dit Camille, 47 ans.

"Libérer" les "camarades"

Alors que la manifestation se poursuivait dans le calme sur la place, plusieurs dizaines de personnes ont décidé de partir à la Bourse du travail près de République. "Allons libérer nos camarades nassés pas la police depuis 13 heures pour avoir refusé d'être fouillés" lance un manifestant. En empruntant la ligne 5 du métro rouverte, des dizaines de personnes se sont ainsi rendues rue du Château d'Eau.

Quelques incidents se sont alors produits entre manifestants et forces de l'ordre qui ont de nouveau essuyé des jets de projectiles alors qu'ils empêchaient plusieurs personnes d'approcher la Bourse du travail. Un manifestant a été blessé au niveau de la tête avant d'être pris en charge par les street medics. On ignorait dans quel état il se trouvait par la suite.

Très vite, policiers et gendarmes se sont retrouvés bien plus nombreux que les manifestants place de la République. "Leur tactique, c'est de nous repousser et de nous disperser, explique Quentin. On a l'habitude maintenant".

Vers 18 heures, un nouvel appel est lancé par les opposants à la loi Travail :"AG à la Bourse du travail!". Après une fouille des sacs, les manifestants se sont réunis dans le bâtiment pour décider des prochaines actions à mener. La soirée se poursuivait dans le calme.

41 personnes interpellées à Paris

Dans un communiqué publié à 19 h 30, la préfecture de police de Paris a fait savoir que 41 personnes avaient été interpellées au cours de la journée. "Un dispositif de filtrage des accès au lieu de départ du cortège avait été mis en place et a permis l’interpellation de 27 personnes porteuses de poing américain, matraque télescopique, cutter, couteaux, artifices ou de matériels permettant de se dissimuler, précise-t-elle. Au cours de la manifestation, 14 personnes ont été interpellées pour jet de projectiles, violences à agents de la force publique, rébellion et participation à un attroupement armé".

La préfecture ajoute "que lors de la manifestation une personne suspectée d’avoir participé à l’incendie d’un véhicule de la RATP, place de la République en date du 14 juin 2016, a été interpellée par les services de la préfecture de police. Aucune dégradation à l’exception de plaques de protection en bois d’un abribus, situé boulevard de l’Hôpital, n’a été constatée. Un objet incendiaire a été jeté au sol à l’angle du boulevard Saint-Marcel et du boulevard de l’Hôpital, sans occasionner de dégât. Un manifestant a été très légèrement blessé (contusions)".

La prochaine manifestation contre la loi Travail est prévue le 5 juillet. 

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