Les affiches de la Manif pour tous ont-elles toutes été collées dans le 16e arrondissement de Paris ?

Les affiches de la Manif pour tous ont-elles toutes été collées dans le 16e arrondissement de Paris ?

COME-BACK – La Manif pour tous prépare une grosse manifestation pour défendre la famille, dimanche 16 octobre, la première depuis deux ans. Le mouvement veut montrer qu’il est toujours là et entend peser sur la campagne présidentielle grâce à un dispositif de communication bien rôdé.

Ils reviennent. Deux ans après leur dernière grosse mobilisation, les soutiens de la Manif pour tous préparent leur grand retour sur le pavé. La nouvelle est annoncée sur des affiches placardées en rafale sur les murs de la capitale et d’ailleurs. Les codes couleur n’ont pas changé, les slogans non plus : du bleu, du rose, et, en grosses lettres : "Nouvelles offensives contre la famille et la société, STOP, ÇA SUFFIT, tous à Paris dimanche 16 octobre".

Deux ans après, donc, la Manif pour tous fait un grand raout. En ligne de mire : les élections présidentielles et ses candidats, et un enjeu : "défendre la famille et la filiation", en luttant notamment contre la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) . Ce grand retour est préparé depuis cet été, l'annonce de la mobilisation ayant été faite auprès des militants le 9 août dernier.

Il est possible que les militants aient plus arrosé ce coin-là... !- Albéric Dumont, de la Manif pour tous

"On a relancé la communication de manière massive lors de l’Université d’été, le 18 septembre dernier", rappelle Albéric Dumont, vice-président de la Manif pour tous, à LCI. Car depuis 2013, le mouvement s’est bien structuré et a une communication léchée. C’est un service com’ d’une cinquantaine de personnes qui s’est occupé de gérer la manifestation de dimanche. Sur le terrain,  des équipes locales ont géré le tractage, le collage, la distribution des autocollants. Efficaces : des dizaines de milliers d’affiches ont été imprimées et envahissent les rues depuis début septembre. 

A Paris, des observateurs (malicieux ?) ont d'ailleurs remarqué que la densité d’affiches différait beaucoup selon les quartiers. Et que, par exemple, le 16e arrondissement, coin de Paris réputé un peu collet monté, était très abondamment pourvu en la matière. 

Signe d’une sociologie pas très homogène du mouvement, qui s’adresserait surtout à son noyau dur ? Pas forcément, assure le leader de la manifestation. "Nous avons fait un plan de répartition et l’ensemble des quartiers a été collé", explique Albéric Dumont. "Mais il est possible que les militants aient davantage 'arrosé' ce coin-là, car la consigne était donnée de renforcer les affiches autour du lieu où se déroule la manifestation, et donc entre Trocadéro et porte Dauphine". 

Ont aussi été soigneusement recouverts le boulevard périphérique, toutes les entrées de Paris, les autoroutes, ainsi que les quartiers où se déroulaient de gros évènements, comme la porte de Versailles, qui accueillait cette semaine le Salon de l’automobile. Et donc, potentiellement,énormément de monde. "On essaie de toucher tous les Franciliens".

Et en effet, au vu des commentaires sur Twitter, il n’y a pas que le 16e qui est touché. 

Une vague de bleu et rose qui n'a, d’ailleurs, pas toujours soulevé l'enthousiasme des foules, et a donné lieu à des contre-opérations de nettoyage, elles aussi revendiquées sur le réseau social.

Il y a eu un travail plus discret de communication, d’influence. Aujourd’hui, on retourne dans la rue- Albéric Dumont, vice-président de la Manif pour tous

Lancé en 2012 contre le mariage homosexuel, le mouvement est passé maître dans l’art de l’organisation et de la communication légère, efficace et branchée. Ces deux dernières années, la Manif pour tous paraissait éteinte. Mais pas du tout, assure Albéric Dumont : "Il y a eu un travail plus discret de communication, d’influence. Aujourd’hui, on retourne dans la rue de manière massive, mais on n’a jamais arrêté".  

Pour dimanche, il y a donc eu, sur le terrain, les opérations de collage, mais aussi de tractage – "nous avons même passé des commandes cinq fois de suite car les stocks s’écoulaient trop rapidement", se réjouit Albéric Dumont –, mais aussi un martelage en règle sur les réseaux sociaux, terrain de jeu sur lequel les militants n’ont jamais été absents.  

 "Aujourd’hui, on a une structure assez jeune dans l’organisation et très tournée vers les réseaux sociaux, Twitter, Facebook, les nouveaux formats", explique Albéric Dumont. Des mails sont régulièrement envoyés aux 400 000 contacts, énorme base de données, les appelant à faire du lobbying. aupès des élus.

Déploiement massif sur les réseaux sociaux, et sur le terrain, la Manif pour tous veut taper partout. "Je rappelle toujours aux équipes que les réseaux sociaux ne touchent qu’une partie de la population, qu’une partie du territoire, et qu’il y a tout un public qui ne regarde pas internet régulièrement", explique Albéric Dumont. "Alors même si les réseaux sociaux restent notre terrain favori, on n’oublie pas l’aspect tractage." Histoire de ratisser le plus large possible, et toucher toutes les générations, à Paris, comme en province.

Car les non-Parisiens peuvent potentiellement fournir le gros des troupes. Si la Manif pour tous ne peut réellement avancer de chiffres avant la mobilisation, n’ayant pas à proprement parler d’adhérents comme les syndicats, elle compte en nombre de cars : pour le rendez-vous de dimanche, c’est une centaine de bus qui ont été affrétés dans toute la France. Pas rien, donc, mais pas non plus les chiffres du début du mouvement : en 2013, il y avait une soixantaine de cars rien que pour la région Bretagne, par exemple.

Mais rien ne serait encore joué. Les organisateurs misent beaucoup aussi  sur la nouvelle tendance du covoiturage, imprévisible donc. Et, en fin de compte, Albéric Dumont espère beaucoup en la mobilisation des Franciliens : "C’est leur présence ou non qui fera qu’on a ou non une grosse mobilisation. Mais les Franciliens se décideront au dernier moment, suivant beaucoup d’éléments, dont la météo. Coup de chance, il fera beau !"

Maintenir l'esprit familial dans notre manifestation- Albéric Dumont, de la Manif pour tous

Les manifestants se rassembleront donc ce dimanche à 13 h porte Dauphine, pour aller à Trocadéro. Un trajet très court, de 2, 5 km. "C’est ce que nous a conseillé la préfecture, au vu des conditions actuelles", souligne Albéric Dumont. "Pour la première fois aussi, nous allons mettre en place des points de contrôle sur l’ensemble de la manifestation, avec ouverture des sacs et des manteaux. Le tout dans un souci de sécurité, pour maintenir cet esprit familial que nous avons." 

Les organisateurs y croient donc dur comme fer. Et, d’après eux, l’annonce de la manifestation a été "très bien accueillie", par des militants qui n’ont qu’une hâte, celle de ressortir leurs drapeaux et leurs cornes de brumes, pour un mouvement qui rassemblerait plus largement que jamais. "Il y a un vrai ras le bol du quotidien, avec un matraquage de la famille. Ils veulent s’exprimer", estime Albéric Dumont. Et, surtout, influencer les candidats aux présidentielles. La Manif pour tous, bien que largement plus soutenue à droite qu'à gauche, se revendique "transpartisane" : "Nous avons choisi de peser dans la politique, en restant au-dessus des partis", indique Albéric Dumont. "La famille, que nous défendons, n’est pas un sujet de droite ou de gauche. En revanche, on encourage ceux qui veulent s’investir en politique à le faire, pour porter nos idées." Qu’ils soient nombreux ou pas dimanche, la manifestation sera sans doute abondamment relayée dans les médias : 300 journalistes se sont fait accréditer. Dans tous les cas, on va en entendre parler.

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