Loi "sécurité globale" : retour sur une journée de forte mobilisation en France, émaillée de heurts à Paris

Loi "sécurité globale" : retour sur une journée de forte mobilisation en France, émaillée de heurts à Paris

OPPOSITION - Samedi, 133.000 personnes selon l'Intérieur, 500.000 selon les organisateurs se sont rassemblées dans toute la France pour dire non à la proposition de loi "sécurité globale". À Paris, la manifestation s'est d'abord déroulée dans le calme avant de connaître des échauffourées en fin de journée.

Les messages sur les pancartes colorées n'ont pas changé. Comme la semaine dernière, des manifestations ont été organisées, samedi 28 novembre, contre le texte de loi "sécurité globale". Dans leur viseur ? La mesure phare, qui prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre, mais aussi contre les violences policières et le racisme. 

Les rassemblements qui ont essaimé ce samedi dans tout le pays ont attiré un grand nombre de participants. Alors que le ministère de l'Intérieur en a comptabilisé 133.000, les organisateurs ont quant à eux revendiqué 500.000 protestataires. Des milliers de personnes ont ainsi défilé à Lyon (7500 selon la préfecture), à Bordeaux ou encore à Lille. Jusqu'à 4.000 personnes selon la préfecture se sont réunies à Rennes. Dans la capitale, 46.000 manifestants ont été comptabilisés.

Dans la capitale, la manifestation a commencé dans le calme. Vers 14h, des milliers de personnes ont commencé à noircir la place de la République. Dans cette foule impressionnante, on pouvait compter plusieurs élus, majoritairement situés à gauche sur l'échiquier politique. Parmi eux, l'adjointe à la mairie de Paris, Audrey Pulvar, qui a déclaré : "Depuis que Didier Lallement a été nommé préfet de police, la capacité de manifester pacifiquement dans Paris s'est réduite". De son côté, l'eurodéputé, Yannick Jadot (EELV), qui avait lui aussi fait le déplacement, a appelé Macron à retirer cette "loi liberticide".

Ils veulent nous rendre aveugle- Edwy Plenel, fondateur de Mediapart

Comme la semaine dernière, des journalistes ont donné de la voix. Le fondateur du Mediapart, Edwy Plenel, a de nouveau pris la parole devant une foule masquée  en déclarant : "Ils veulent nous rendre aveugles". Les manifestants ont défilé en chanson et dans la bonne humeur entre la place de la République et la Bastille. En tête de cortège, on pouvait retrouver la militante, Assa Traoré, sœur d'Adama mort en 2016, qui a déclaré : "Il faut que la France assume (le fait) qu’il y a du racisme dans la police". À ses côtés, se trouvait la chanteuse et actrice Camélia Jordana. 

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L'ambiance s'est crispée en fin d'après-midi. Au croisement du boulevard Beaumarchais et de la rue du pasteur Wagner, dans le XIe arrondissement parisien non loin de la place de la Bastille, plusieurs individus vêtus de noir - les Black blocs - ont renversé une camionnette, utilisé des palissades et autres objets dans un chantier pour faire des barricades, jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Au même endroit, deux voitures ont été incendiées et les pompiers ont été obligés d’intervenir. 

Vers 17h30, la tension est montée d'un cran place de la Bastille. On pouvait en effet distinguer deux ambiances bien distinctes. Devant les escaliers de l'opéra, la coordination Stop loi Sécurité globale (les organisateurs), tenait plusieurs discours devant une foule acquise. Mais de l'autre côté de la place, des affrontements avaient lieu entre des groupes des manifestants très mobiles et les forces de l’ordre. Certains perturbateurs se sont munis de pavés, et recevaient des encouragements d'autres personnes chantant le slogan "tout le monde déteste la police". 

Plusieurs départs de feu ont aussi été signalés. Un kiosque à journaux, l'entrée d'un bâtiment de la banque de France et une brasserie adjacente ont été incendiés, nécessitant l'intervention des pompiers. Les forces de l’ordre ont tenté de disperser les manifestants à l’aide d'un camion à eau. La place de la Bastille a été évacuée vers 19h.  

Dix-huit personnes interpellées selon la préfecture

Ailleurs en France, les manifestations se sont déroulées dans la sérénité malgré quelques incidents signalés en fin de journée.
À Bordeaux, des protestataires ont endommagé des vitrines de magasins lors de leur passage dans l'artère commerçante, rue Sainte-Catherine. À Lyon, le rassemblement a été émaillé par plusieurs échauffourées attribuées à la présence de 200 Black blocs. Plusieurs manifestants ont été blessés, ainsi que trois policiers.

Au total, 46 personnes ont été interpellées et 27 ont été placées en garde à vue. Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, "condamne, une nouvelle fois, les violences inacceptables contre les forces de l’ordre" et communique un bilan provisoire de 37 policiers et gendarmes blessés au cours de ces manifestations. 

La réouverture des petits commerces "gâchée"

Cette manifestation organisée le jour de la réouverture des petits commerces a empêché certaines boutiques d'accueillir leurs clients. La cheffe du Rassemblement national, Marine Le Pen, a ainsi exprimé son agacement sur Twitter : "Comme je l'avais prévu, le jour de réouverture pour nos petits commerçants est gâché à Paris, par les milices d’extrême gauche. Les Français en ont assez de ces images de saccage permanent", a-t-elle déploré. 

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