Manifestation en Guyane : un policier sérieusement blessé, le procureur saisi

GUYANE - Des violences ont émaillé une manifestation devant la préfecture vendredi. Un commissaire a été sérieusement blessé et du gaz lacrymogène a été utilisé pour disperser une foule en colère. Le préfet a saisi le procureur de la République.

Le mouvement de contestation qui sévit depuis deux semaines en Guyane se durcit. Un commissaire de police a été "sérieusement blessé" vendredi durant une manifestation devant la préfecture de Cayenne, où du gaz lacrymogène a été utilisée pour disperser la foule. 


"On comprend vos revendications. Mais ce soir, ça part en live. Le commissaire est sérieusement blessé", a déclaré un policier au mégaphone depuis la porte d'entrée de la préfecture qui a été barricadée, selon un journaliste de l'AFP sur place. "Blessé lourdement à la clavicule", cet homme est resté "inconscient au sol pendant une dizaine de minutes" et "on a été obligé d'utiliser du gaz lacrymogène pour l'extraire", avant qu'il ne soit évacué par les secours, a de son côté expliqué Laurent Lenoble, le directeur de cabinet du préfet de Guyane. 

Violences "inacceptables"

Plusieurs policiers, ainsi qu'un second commissaire, ont été "légèrement blessés" après avoir été également frappés, a détaillé Laurent Lenoble qui a dénoncé ces violences "inacceptables". Le collectif a "pris un tournant" qui est "loin de respecter les valeurs républicaines" et il s'est "discrédité". La préfecture a annoncé par la suite avoir saisi le procureur de la République.


Selon le collectif "Pou La Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle), qui avait organisé un peu plus tôt le rassemblement devant le préfecture pour exiger la prise en compte de ses revendications, les "500 frères contre la délinquance", groupe dont les membres encagoulés encadrent les manifestations, "avaient fait un cordon devant les policiers". "Mais la foule a réussi à porter des coups", a précisé un de ses membres. Selon l'AFP, les esprits se sont échauffés après qu'une délégation ayant rendez-vous avec le préfet a longuement patienté avant d'être éconduite.

L'activité économique en Guyane est au point mort depuis quinze jours après la "grève générale illimitée" décrétée le 25 mars sur fond de revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives. En 2015, un rapport parlementaire pointait ce département d'Outre-mer sinistré situé à la dernière place des départements français au niveau santé : le taux de mortalité maternelle est 5 fois supérieur à celui de la métropole, 45% des femmes en Guyane n'ont aucun accès aux soins prénataux.

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Guyane : regain de tension et heurts autour de la préfecture

Le taux de criminalité est par ailleurs dix fois supérieur à la moyenne nationale. L'insécurité est souvent en tête des préoccupations de ce territoire le plus violent de France, avec 42 homicides en 2016. Dans le registre éducation, le sénateur Georges Patient avait pointé du doigt "un délabrement" du système éducatif. 


Le Conseil des ministres a validé mercredi dernier une aide d'urgence de plus d'un milliard d'euros tandis que "Pou La Gwiyann dékolé" réclame 2,1 milliards supplémentaires. 

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