Défilés pro-palestiniens : 22.000 manifestants selon l'Intérieur, quelques heurts à Paris

Défilés pro-palestiniens : 22.000 manifestants selon l'Intérieur, quelques heurts à Paris

SOUTIEN FRANÇAIS - Une soixantaine de défilés ont eu lieu en France, dans le calme ce samedi en soutien au peuple palestinien, sauf dans la capitale, où des manifestants se sont mobilisés malgré l'interdiction par la préfecture de police. 45 personnes étaient en garde à vue dimanche matin.

Ils n'avaient pas retiré leur appel à la mobilisation. La manifestation en soutien au peuple palestinien, prévue le 15 mai à Paris avant d'être frappée d'interdiction par la préfecture, a été maintenue, malgré l'interdiction de la préfecture confirmée par la justice. "Parce que nous refusons de taire notre solidarité avec les Palestiniens, et que l'on ne nous empêchera pas de manifester, nous serons présents", avait affirmé vendredi soir les organisateurs, peu après la confirmation de l'interdiction du défilé par le tribunal administratif. Sous une météo capricieuse, ils ont donc commencé à se réunir, peu avant 15h.

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Si les manifestants se disaient déterminés, la préfecture, elle aussi, a rapidement communiqué. Elle serait intransigeante. Elle a d'abord prévenu sur les réseaux sociaux que "participer à une manifestation interdite fait l'objet d'une verbalisation à hauteur de 135€", avant de mobiliser ses troupes. Peu avant l'heure prévue du rassemblement, plusieurs journalistes ont ainsi fait état d'un important dispositif qui s'étalait dans le quartier parisien de Barbès, dans le 18e arrondissement. Certaines rues étaient entièrement occupées par de longues files de camions de CRS et la circulation coupée par endroit. 

Selon nos informations, les craintes principales des autorités étaient le risque de dégradation et d'attaque visant des lieux de culte israélites. Les forces de l'ordre étaient donc mobilisées en nombre, avec quelque 4200 agents présents dans le quartier de l'est de la capitale... face à une foule comprise entre 2500 et 3500 personnes. L'objectif, assumé sur Twitter : "Intervenir pour disperser immédiatement toutes les personnes qui viennent braver l'interdiction de manifester". Pour ce faire, les policiers ont appelé à plusieurs reprises à la dispersion, usant du canon à eau, mais aussi de gaz lacrymogènes. 

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L'après-midi s'est donc déroulée dans une certaine tension dans la capitale. Quelques heurts ont ponctué la journée. Notre équipe sur place a fait état de jets de projectiles contre la police, sur le boulevard Ornano. Ce à quoi les forces de l'ordre, dont la préfecture a indiqué qu'elles déploraient un blessé, ont rétorqué à grands coups de gaz lacrymogènes, et notamment dans les petites ruelles adjacentes du boulevard, où s'étaient réunies certains manifestants. Des individus organisés ont également tenté d'ériger, en vain, des barricades avec des toiles d'un marché. Au total, sur les 51 interpellations recensées dans toute la France, 44 ont eu lieu à Paris. Dimanche matin, 45 personnes étaient toujours en garde à vue, a indiqué le parquet de Paris à LCI. 

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Si le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait donné la "consigne" aux préfets "d'être particulièrement vigilants et fermes", des manifestations ou rassemblements étaient tout de même autorisés dans de nombreuses villes de France. Et se sont déroulées sans accroc. À l'image de l'événement qui a eu lieu à Strasbourg et qui a réuni plus de 4000 personnes. Le cortège est parti de la place de l'Université et les manifestants ont défilé dans les rues longeant le centre-ville, sans toutefois entrer dans l'hypercentre de la capitale alsacienne, interdit à toute manifestation depuis plusieurs mois. "Palestine urgence, contre le mur et l'occupation, pour le respect du droit international, engagement immédiat de l'Europe", réclamait la banderole de tête du cortège, qui chantait des slogans comme "Israël assassin, Macron complice".

Pour Perrine Olff, porte-parole du Collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine, se mobiliser était essentiel pour être "solidaire avec la Palestine pour empêcher que ce massacre continue". Auprès de l'AFP,  elle a souligné que des manifestations avaient lieu "partout pour essayer d'empêcher ce massacre de continuer".

C'était par exemple le cas à Marseille. Réunis sur le Vieux-Port, les Marseillais sont, eux aussi, venus en nombre soutenir le peuple palestinien, dont le dernier bilan fait état de 139 morts, parmi lesquels 39 enfants et 1000 blessés, dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza depuis lundi. Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, environ 1000 personnes avaient fait le déplacement. 

Une foule compacte, drapée dans des vêtements verts et rouges, aux couleurs de la Palestine. Sous le soleil de Marseille... ou sous la pluie de Lille.  Plusieurs centaines de personnes se sont réunies en milieu d'après-midi en plein cœur de la ville pour dire "halte au massacre en Palestine". "Israël assassin !", scandaient les manifestants, d'après un témoignage de l'AFP, brandissant des drapeaux palestiniens, au milieu d'autres pancartes comme "Sionisme = colonialisme, apartheid, racistes, massacres, bombardements".

C'est aussi sous un ciel gris - parfois avec des parapluies aux couleurs de la Palestine - que se sont retrouvées quelques centaines de personnes à Toulouse pour crier leur opposition au "colonialisme, au racisme et à l'apartheid". "Sauvez Gaza", "personne n'est libre quand d'autres sont opprimés" ou "Palestinian lives matter", pouvait-on lire sur des pancartes. À Nantes, tout s'est déroulé dans le calme pendant plus d'une heure. D'abord statiques, certains manifestants ont ensuite décidé d'entamer une marche jusqu'à la Place Royale, ce qui n'était pas autorisé par la préfecture de la Loire-Atlantique. L'événement n'a toutefois provoqué aucune échauffourée. Environ 200 personnes, selon la préfecture de l'Hérault, se sont également réunies à Montpellier. Au total, l'Intérieur a recensé 22.000 manifestants à travers toute la France.

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