Plusieurs dizaines de milliers de chasseurs ont défilé ce samedi

Des milliers de chasseurs ont manifesté ce samedi dans plusieurs villes de France pour défendre des chasses traditionnelles, jugées illégales par le Conseil d'État, alors que le gouvernement vient de faire un geste envers cet électorat très courtisé.

RASSEMBLEMENTS - Selon le ministère de l'Intérieur, 42.000 personnes ont manifesté ce samedi en France pour défendre des chasses traditionnelles d'oiseaux, jugées illégales par le Conseil d'État, alors que le gouvernement vient de faire un geste envers cet électorat très courtisé.

À sept mois de l'élection présidentielle, les chasseurs entrent dans la danse. Pour défendre les chasses traditionnelles, jugées illégales par le Conseil d'État, et plus généralement la ruralité, plusieurs dizaines de milliers d'entre eux ont manifesté ce samedi 18 septembre dans plusieurs villes de France. Parmi les nombreux défilés, 16.000 personnes se sont rassemblées à Mont-de-Marsan, 12.000 à Amiens, entre 4000 et 5000 à Forcalquier, Caen et Redon, selon des chiffres communiqués à LCI par le ministère de l'Intérieur. Au total, 42.000 manifestants ont battu le pavé, selon Beauvau.

Des rassemblements scrutés par la classe politique : les chasseurs représentent en effet un électorat très courtisé pour la prochaine échéance électorale. Le gouvernement vient d'ailleurs de faire un geste envers eux, en mettant en consultation plusieurs arrêtés pour ré-autoriser certaines chasses, au grand dam des défenseurs de l'environnement. En août, le Conseil d'État avait pourtant jugé que plusieurs techniques de chasse avec des filets (pantes, tenderies) ou des cages (matoles) étaient contraires à la directive européenne "oiseaux" de 2009, qui interdit les techniques de capture massive d'oiseaux sans distinction des espèces capturées.

"Pendant cette législature, nous avons souvent répondu très favorablement au lobby de la chasse"- Loïc Dombreval député LaREM

Peu avant l'été, la justice avait déjà jugé illégale la chasse à la glu, qui consiste à piéger des merles et des grives sur des tiges enduites de colle, mais qui conduit à capturer aussi d'autres espèces d'oiseaux. Ces interdictions sont mal vécues par les chasseurs, qui avaient obtenu du président Emmanuel Macron une réforme de la chasse, avec une baisse du prix du permis de chasser national de 400 à 200 euros.

Mais ce nouveau geste du gouvernement pour apaiser les tensions et sa ranger du côté des chasseurs n'est pas du goût de Loïc Dombreval, député (LaREM) des Alpes-Maritimes et docteur vétérinaire. "Énormément d'élus locaux ou nationaux soutiennent les chasseurs", note-t-il sur LCI. "Il y a évidemment un lobby de la chasse, il est normal qu'il y en ait un pour défendre leurs intérêts. Mais doit-on toujours répondre favorablement aux attentes de ce lobby ? Pendant cette législature, nous avons souvent répondu très favorablement à ce lobby."

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"On a souvent répondu favorablement au lobby de la chasse", regrette le député LaREM Loïc Dombreval

Du côté des chasseurs, le discours est tout autre. "Nous voulons défendre nos droits, acquis depuis des centaines d'années", déclare sur LCI Jérémy Develly, l'un des participants. "Au fur et à mesure, on nous supprime des petits droits pour aller vers des mesures plus grandes comme l'interdiction de la chasse le dimanche. Nous en avons assez. Chasser, ce n'est pas seulement prendre le fusil et aller dans la nature, c'est aussi ce que l'on fait tout au long de l'année pour favoriser la biodiversité."

En manifestant, les chasseurs entendaient aussi défendre "un monde rural qui se sent menacé", selon Régis Hargues, directeur de la fédération des chasseurs des Landes, à l'AFP. Parmi les chasseurs, 8% sont des agriculteurs, 39% des cadres et professions libérales et 21% des employés, selon la Fédération nationale des chasseurs. Sur 1,03 million de pratiquants, 2,5% sont des femmes.

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Xavier Bertrand, qui espère représenter la droite à l'élection présidentielle, s'est rendu en début de manifestation à Amiens (Somme), fief électoral de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. 

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