Manifeste contre l'antisémitisme : des responsables musulmans dénoncent un procès "délirant" contre l'islam

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PROTESTATION - Au lendemain de la publication d'un manifeste contre le nouvel antisémitisme dans les colonnes du "Parisien", plusieurs responsables musulmans ont dénoncé un texte virulent qui jette l'opprobre sur l'islam.

La virulente tribune dénonçant "un nouvel antisémitisme" et appelant à expurger certains passages du Coran a provoqué l'indignation de responsables musulmans. "Le procès injuste et délirant d'antisémitisme fait aux citoyens français de confession musulmane et à l'islam de France à travers cette tribune présente le risque patent de dresser les communautés religieuses entre elles", a réagi le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dans un communiqué.


Publié dimanche 22 avril dans Le Parisien, le manifeste "contre le nouvel antisémitisme" pointe du doigt la "radicalisation islamiste" et sonne l'alarme contre une "épuration ethnique à bas bruit" dont serait victime la communauté juive dans les quartiers populaires de la région parisienne. Les signataires pressent également les autorités musulmanes de "frapper d'obsolescence" les versets du Coran qui appelleraient "au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants". 

"Personne n'a le monopole de l'oppressé ou de la victime"

"Les citoyens français de confession musulmane majoritairement attachés aux valeurs républicaines n'ont pas attendu (cette) tribune [...] pour dénoncer et combattre depuis des décennies l'antisémitisme et le racisme antimusulman sous toutes ses formes", poursuit Dalil Boubakeur.


Le président de l'Observatoire national contre l'islamophobie, Abdallah Zekri, condamne de son côté un débat "nauséabond et funeste". Il exhorte les signataires de la tribune à cesser "d'accabler l'islam et les musulmans". "Des hommes politiques sur le déclin et en mal de reconnaissance médiatique ont trouvé dans l'Islam et les musulmans de France leur nouveau bouc émissaire", tacle-t-il.


Contactés par l’AFP, les responsables musulmans ne contestent pas la réalité de l'antisémitisme en France mais tous rejettent la virulence des termes et l'opprobre jeté, selon eux, sur l'islam. "Cette tribune est un non-sens, un hors-sujet. La seule chose à laquelle on adhère, c'est qu'on doit tous être ensemble contre l'antisémitisme", déclare ainsi Ahmet Ogras, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM). "Personne n'a le monopole de l'oppressé ou de la victime", poursuit-il, jugeant par ailleurs le terme d'épuration ethnique "très fort".

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