"Les discriminations au tapis" : le mot d'ordre de la Marche des fiertés ce samedi fait débat

"Les discriminations au tapis" : le mot d'ordre de la Marche des fiertés ce samedi fait débat

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MANIFESTATION - La Marche des fiertés annuelle met samedi à Paris l'accent sur les discriminations homophobes dans le sport sur fond de bisbilles entre les organisateurs et Act Up, qui dénonce une "relégation des séropos et des précaires" en fin de cortège.

Elle réunit chaque année au moins 500.000 personnes. La Marche des fiertés 2018 à Paris s'est élancée de la place de la Concorde ce samedi 30 juin à 14h  pour rejoindre la place de la République, dans le centre de la capitale. Le mot d'ordre cette année : "Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies !". 


"Le sport est à l’image de la société et l’actualité nous le démontre tous les jours : la société est profondément LGBTphobe, assure à LCI la porte-parole de l'Inter-LGBT, Clémence Zamora-Cruz, alors que certaines associations ont déploré que le thème ne soit pas porté sur la PMA (Procréation médicalement assistée), dont l'ouverture aux femmes célibataires et homosexuelles a été longuement débattue ces derniers mois.

L'an dernier, l'ouverture de la PMA pour toutes les femmes était le mot d'ordre de la Marche des fiertés. Cette année le mot d'ordre est plus général, mais il est fort de sensClémence Zamora-Cruz

SOS homophobie a ainsi annoncé qu'elle marcherait, elle, derrière le slogan "PMA, l'égalité n'attend pas !", pour "demander au gouvernement et à la majorité d'ouvrir au plus vite le débat au Parlement". 


De son côté, Act Up, qui fêtait il y a un an ses 25 ans, s'est émue d'être "reléguée à l'avant-dernière place du cortège", après des sponsors comme Mastercard et Tinder qui ont tous les deux une place en milieu de cortège. "Les associations historiques de lutte contre le sida, pleinement mobilisées pour défendre toutes les communautés frappées par l'épidémie, se retrouvent reléguées derrière l'ensemble des sponsors", écrit l'association dans un communiqué.


En réponse aux critiques, Clémence Zamora-Cruz assure : "L'an dernier, l'ouverture de la PMA pour toutes les femmes était le mot d'ordre de la Marche des fiertés. Cette année, le mot d'ordre est plus général, mais il est fort de sens". Elle dit vouloir ainsi englober les questions autour de la PMA, mais aussi dénoncer la loi asile et immigration ou réclamer la facilitation du changement d'état civil pour les personnes trans.

4h30 de marche

Dans le détail, la Marche des fiertés débutera par une prise de parole à 13h30 place de la Concorde avant d'entamer son parcours à 14h en passant par la Rue de Rivoli, Châtelet,  jusqu'à la place de la République où plusieurs personnes se succéderont sur scène, notamment pour annoncer les actions qui seront menées par les associations dans les prochains mois. En tout, la marche devrait durer 4h30.


"On a voulu former un carré de tête très militant et nous portons une grande attention à ce que les revendications portées par les associations soient en tête de cortège, glisse Clémence Zamora-Cruz. "Act Up n'a pas signé le mot d'ordre", d'où le choix de la placer loin de la tête de cortège, ajoute-t-elle auprès de l'AFP. Trois minutes de silence seront également observées en hommage aux morts du sida.

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Les associations de défense de la cause LGBT (Lesbiennes, gays, bi, trans) continuent par ailleurs de s'inquiéter de la persistance des agressions homophobes.


Selon une étude de l'Ifop présentée mercredi, plus de la moitié (53%) des personnes se définissant comme homosexuelle, bisexuelle ou transgenre ont déjà été victimes d'une agression homophobe. Parmi les faits répertoriés: insultes (28%), attouchements ou gestes à caractère sexuel (24%), menaces de révéler l'orientation sexuelle à des proches, collègues ou voisins (18%), ou viol (11%).

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Retour sur 40 ans de marche des fiertés

C'est dans l'agglomération parisienne - qui abrite le quartier du Marais où sont concentrés la majorité des bars et boîtes de nuit gays - que ces agressions sont les plus nombreuses. Ce ne sont "pas des petits faits anecdotiques qui arrivent à 3 personnes en France comme on voudrait nous le faire croire", a souligné à l'AFP Flora Bolter, co-directrice du nouvel observatoire de l'homophobie.

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