"Marche pour la vie" des anti-IVG : entre 10.500... et 50.000 manifestants

SOCIÉTÉ

ANTI-AVORTEMENT - Des milliers de manifestants hostiles à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) défilent ce dimanche après-midi à Paris pour la "Marche pour la vie". Organisée par un collectif d'associations anti-avortement tels que les Survivants ou la fondation Lejeune, la manifestation a obtenu le soutien du pape François il y a quelques jours.

Au lendemain d'une marche anti-Trump, ce sont les anti-IVG qui battent le pavé ce dimanche. Des milliers de manifestants hostiles à l'avortement se sont regroupés à Denfert-Rochereau en début d'après-midi pour participer à la "Marche pour la vie". Le cortège se déplace en direction de la place Vauban où plusieurs associations prendront la parole pour dénoncer, entre autres, "la banalisation de l'interruption volontaire de grossesses (IVG). 

Dans une lettre rendue publique jeudi, le pape François a apporté son soutien à cette manifestation. Le pape "salue cordialement les participants à cette manifestation", écrit le nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en France, Mgr Luigi Ventura, dans un courrier publié par le collectif En marche pour la vie sur son site internet. Comme ses prédécesseurs, le pape François, fidèle à la doctrine de l'Eglise catholique, est un fervent opposant à l'avortement.

Des pro-Fillon soutiennent une "manif nécessaire"

En 2015, la marche avait réuni 11.000 personnes selon la police et 45 000 selon les organisateurs. Cette année, ils attendent encore plus de monde. Cela restera finalement dans la même fourchette : entre 10.500 et 11.500 selon les organisateurs, 50.000 pour les organisateurs. Mais la nouveauté cette année, c'est surtout le soutien inédit de Sens Commun, composant du parti Les Républicains et soutien sans faille du candidat à la présidentielle François Fillon. Madeleine de Jessey, porte-parole du mouvement et membre de l'équipe de campagne de François Fillon, a d'ailleurs apporté son soutien à cette marche sur Twitter : "Plus que jamais nécessaire, alors que le délit d'entrave est encore en débat ! #MPLV2017".

Un sujet délicat pour le candidat à la présidentielle qui avait eu bien du mal à éteindre la polémique lors des débats de la primaire, certains l'accusant de vouloir revenir sur la loi Veil. Le candidat à l'élection présidentielle avait alors affirmé faire la part des choses entre son "opinion personnelle" et "l'intérêt général". Si "philosophiquement et compte tenu de [sa] foi personnelle", François Fillon désapprouve l'avortement, il dit avoir conscience que c'est une loi "sur laquelle personne ne reviendra".

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Le collectif En marche pour la vie, qui regroupe cinq associations dont Choisir la vie, la fondation Lejeune, Renaissance catholique ou les Survivants, a suscité la polémique la semaine passée en publiant un encart de sa campagne "IVG tous concernés" dans des médias, notamment Le Figaro. Affirmant que "l'IVG est une lâcheté collective", ses affiches mettent en scène des proches d'une femme enceinte et visent à montrer que "chacun à un moment de sa vie (...) peut avoir une responsabilité dans une décision d'avorter", ont expliqué les auteurs.

La ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol, des militantes et des associations féministes se sont offusquées de ce message "anti-avortement dans un grand quotidien national".

L'Assemblée nationale doit se prononcer la semaine prochaine sur l'adoption définitive d'une proposition de loi prévoyant de pénaliser les sites pratiquant de la "désinformation" sur l'IVG, adoptée début décembre au Sénat. L'Eglise catholique en France, par la voix de ses évêques, a vivement critiqué la création de ce délit d'entrave numérique, dénonçant une atteinte "grave" aux libertés. 

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